«Il faut repenser le système éducatif français et occidental»

EDUCATION - "Nos politiques ici pourraient bien inspirer votre réforme à vous."

Université 2 Marc Gélinas

GLOBALIZnow : Qui êtes-vous, Alexandre Beaupré?

Je suis chercheur, enseignant et entrepreneur à l’université de Montréal. Mon travail consiste notamment à repenser en profondeur les systèmes de gouvernance des collèges et des Universités au Canada. Bien évidemment, cette question touche tous les systèmes éducatifs dans le monde entier. En France comme au Québec, on amorce la phase de réforme qui suit celle de l’introduction du néo-libéralisme au cours des années 80 et 90. Ça tombe bien, on a aussi changé de millénaire.

GN: Etes-vous prêt à « globaliser » votre savoir et à réagir ponctuellement à nos problématiques franco-françaises?

Bien sûr, et c’est pourquoi je me joins à l’équipe Globaliz. Tout d’abord, la mondialisation des marchés et des services justifie depuis belle lurette l’import/export de pratiques de gestion et de politiques publiques. Les rapports de réforme des gouvernements sont truffés de références à des chiffres (et des amas de lettres) produits par les organismes nationaux et internationaux que sont l’ACE (American Council on Education), la Commission européenne ou l’OCDE. Savoir ce qui se passe ailleurs devient essentiel pour juger correctement des actions de nos propres gouvernements, avec les mêmes informations et le même contexte.

Ma contribution est à la fois facile à conceptualiser et complexe à réaliser : je vous propose une chronique périodique sur l’éducation en Amérique du Nord, notamment sur la situation québécoise et sur l’enseignement supérieur, sur des sujets qui vous touchent aussi. Car nos politiques ici pourraient bien inspirer votre réforme à vous et il va sans dire que les yeux de notre fonction publique louchent très souvent vers l’Europe.

GN : Pourquoi s’exprimer dans un média comme Globaliz?

Internet a changé la façon dont on s’informe. Si les médias traditionnels y ont conservé une place prépondérante en modifiant quelque peu leur interface, il devient plus facile de s’informer pour qui veut bien y mettre un peu d’effort. Les producteurs de contenu peuvent alors mutualiser des réseaux internationaux afin de présenter à un lectorat local des points de vue diversifiés et rafraîchissants. Dans le monde anglosaxon, Vice a réussi à internationaliser son contenu et à présenter des enjeux mondiaux sous un angle conséquentiel pour le reste du monde. C’est cette perspective qui m’a attiré ici : lier des réalités qui ne semblent pas, à première vue, interdépendantes ou liées, mais dont la relation deviendra rapidement évidente.

GN : Pourquoi ce rapprochement France/Canada sur le sujet éducation est -il pertinent?

Le Québec et la France partagent depuis toujours une affinité remarquable au sujet des institutions publiques et de leur philosophie. Cependant, le Québec, isolé au milieu de la mer anglo-saxonne nord-américaine, a dû composer avec des influences parfois très fortes imposées par la proximité ou par le système fédéral canadien. La Belle Province vit, au même titre que le reste de l’Occident, ce retour du balancier social qui passe du progressisme au conservatisme, du collectif à l’individuel. Elle devient donc un lieu d’observation idéal pour qui s’intéresse à l’influence qu’ont les idées anglo-saxonnes et l’évolution des valeurs sociales sur un système remanié dans les années soixante pour valoriser, notamment, l’héritage français du Québec.
Et vous allez voir, les systèmes post-secondaires nord-américains sont pour nos collègues Français une fascinante fenêtre sur ces changements…

Merci à vous, et à bientôt.

L'ACTU

La ministre Najat Vallaud-Belkacem a indiqué qu'une vaste réforme scolaire des notes serait présentée en 2015. D'autres chantiers sont également en cours telle la réforme des zones d'éducation prioritaire ou encore un premier bilan de la réforme des rythmes scolaires.

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2 commentaires

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