« Je réplique le made in France social aux Etats-Unis »

ENTRETIEN - L'Economie sociale et solidaire (ESS) a le vent en poupe en France. Nicolas Hazard, vice-président du groupe SOS et fondateur du Comptoir de l’Innovation, est installé aux Etats-Unis pour convaincre les géants de l'internet d'adopter le modèle de l'ESS.

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GlobalizNow : Le groupe SOS est présent partout dans le monde, mais surtout en Europe. Pourquoi ouvrez-vous un bureau permanent* aux Etats-Unis en cette fin d’année ?

Le Groupe SOS est effectivement présents dans 30 pays. Quant à moi, je cherche, à travers des partenariats, à développer le modèle français d’entreprise sociale que l’on regroupe en France sous le terme « ESS » (Economie Sociale et Solidaire). Ainsi, nous implantons à l’étranger des entreprises d’insertion (pour les chômeurs de longue durée), des incubateurs avec des entrepreneurs sociaux, des solutions pour la prise en charge des SDF… C’est exactement le même objectif ici aux Etats-Unis, à San Francisco plus particulièrement, que dans les autres pays. Mon travail est de répliquer le « made in France social », au cœur de la Silicon Valley. Ici sur la côte Ouest, nous apportons notre savoir-faire et notre expérience en matière d’entrepreneuriat social dans un contexte plus libéral.

GN : Votre positionnement politique vers plus de social est-il bien accepté et perçu par ces partenaires « plus libéraux »?

Absolument. C’est même ici que le modèle d’entrepreneuriat social prend le mieux. Parce qu’ils croient plus à l’entreprise qu’à l’Etat, l’implantation de nos modèles fonctionne. C’est lorsque les dépenses sociales sont faibles – 8% du budget d’une entreprise en Corée du Sud où j’étais récemment – contre 50% en France, que nos solutions intéressent le plus. Aux Etats-Unis, où l’économiste Thomas Piketty a eu du succès, les solutions que nous prônons trouvent de plus en plus d’échos.

GN : Quelles leçons tirez-vous de ces échanges ?

Notre modèle est l’avenir, j’en suis convaincu. Dans les pays sociaux-démocrates comme la France, on pense que l’Etat est responsable de tout. Ici, aux Etats-Unis, c’est le contraire : on fait confiance à l’individu et aux entreprises, d’où un intérêt fort pour l’entrepreneuriat social. Leurs modèles sociaux sont catastrophiques, mais dans le même temps, ils n’ont pas confiance en l’Etat. Ils cherchent donc une alternative. Les financiers avec qui je travaille ne sont pas des sans-cœurs. Ils veulent aussi plus de social dans l’économie. C’est donc ici que l’appétit pour ce type de modèle est le plus important.

GN : Qu’en est-il du modèle social français originel qui a donné naissance au groupe SOS ?

La France a une forte tradition de coopératives, mutuelles, de fondations et associations. L’ESS représente 12% du PIB, ce n’est pas rien ! Pendant longtemps, ce secteur, qui compte 80% d’associations, a été très subventionné par l’Etat. En France, les gens sont attachés à ce modèle subventionné, par tradition. Or, cela est problématique car ces ressources sont de plus en plus rares. Le social est toujours compliqué. Il est le fruit de l’histoire d’un pays. Cela fait 150 ans que la France développe l’ESS. Le savoir-faire est clairement chez nous. En revanche, la capacité à faire grandir le secteur, avec des levées de fonds notamment, se trouve dans le monde anglo-saxon. Leur envie d’entreprendre dans ce secteur est très important. C’est pour cette raison que j’ai créé Le Comptoir de l’innovation, un fonds de 30 millions d’euros pour pouvoir combler ce fossé entre nos cultures et investir dans l’entrepreneuriat social.

GN : Quel regard portez-vous sur la mondialisation ?

Il y a un problème et une difficulté à dialoguer. Elle crée beaucoup d’inégalités au sein des territoires. Mais elle peut aussi être un outil bénéfique dans le partage des savoir-faire. D’autant que nous sommes tous confrontés aux mêmes thématiques. Il est pour nous essentiel de partager nos modèles d’entrepreneuriat social dans un contexte de mondialisation. Notre objectif est de partager notre expertise et nos connaissances.

* Le Comptoir de l’Innovation réalise l’implantation de son nouveau bureau avec le réseau French Tech Hub, un accélérateur créé en 2012 pour accompagner les entrepreneurs français sur le marché américain.

L'ACTU

Le Président Hollande a annoncé lors de sa conférence sur le web social début décembre la volonté de créer en 2016 "un sommet international de l'internet social et solidaire." Il pourrait rassembler des personnalités telles Bill Gates ou Muhamad Yunus, le fondateur de la première institution de microcrédit. (01net.com)

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12 commentaires

  1. Pingback: [Interview] Groupe SOS wants to convince Silicon Valley to adopt a more social model | The Tech Map

  2. a sitting Imposter until he proves he's eligible (which he hasn't done to this point and is pointedly avoiding doing). He's an obvious fraud. If your kid was hiding something behind his back and you confronted him on it – you'd know he was lying if he told you he wasn't hiding anything. There needs to be a special prosecutor appointed and when it is found that the fraud doesn't have any papers – HE SHOULD BE REMOVED NOT IMPEACHED. He's NOT a president if he's there illegally.ELmo

  3. Hey bobbi! GREAT SESSION! Love the mixing in the of the textures you have been doing lately. Speaking of….are you using any tools for your textures like TRA or Kubota stuff? Just curious what you geniuses out there are using….

    • I just love your description of the captcha, Joanna. They seem to sprout up everywhere on the web and often stop me from commenting on otherwise great blog posts. People just don’t seem to realise that there are alternatives…Like Jan above I just moderate every commenter’s first post on my blog and let spam catcher Askimet do its thing (which it does very well).

    • Non capire un tubo è uno dei miei passatempi preferiti e qui mi è venuto bene, mi sono divertita: c’è del genio incompreso.Poi – se mi ficcate tra i “buoni” – sono curiosa di vedere se mi viene l’avatar fucsia o se devo andare a costruirmene un altro… sapete/sai/so che spasso!

  4. Io ho un'amica che lavora in ambito medico, e assume farmaci omeopatici "per le stupidaggini", come dice lei, poi, quando c'è un problema un pò più serio, passa al farmaco "vero". Dice lei stessa che l'omeopatia è una mezza stupidaggine. Ma allora perchè usa farmaci omeopatici. Mah!

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