Nos PME sont plus flexibles que les allemandes et américaines

Le déficit du commerce extérieur de la France contraste avec l'excédent de l'Allemagne à 200 milliards d'euros. <-> Mais de l'étranger, les PME françaises apparaissent plus flexibles et prêtes à s'adapter aux changements.

Entre 1980 et 2013, la part de la France dans les exportations mondiales est passée de 5,7 % à 3,1 %, selon l’Organisation Mondiale du Travail (WTO). On a tendance à faire la grimace lorsque l’on pense aux chiffres des exportations, à cause aussi d’une balance commerciale déficitaire. Il y a bien l’industrie du luxe pour tirer un peu les chiffres à la hausse. Mais pas seulement. La France a d’autres entreprises qui marchent à l’export. Elles se distinguent par leur plus grande flexibilité par rapport aux sociétés allemandes ou américaines.

Allemagne, les procédures avant-tout

Il y a quelques années, Bongrain vendait discrètement du fromage à un discounter allemand. Les produits étaient vendus sans marque, tout le monde y trouvait son compte jusqu’au jour où le client se plaignit de température trop élevée au coeur des palettes. Le distributeur en Allemagne vérifia ses procédures, confirma qu’elles avaient été respectées et réfuta sa responsabilité dans la rupture de la chaine de froid. C’est la mise en place de mouchards dans les camions qui livra la solution. A l’arrivée en Allemagne des camions réfrigérés, les chauffeurs du grossiste coupaient le moteur et la réfrigération en attendant le déchargement. Au vu des enregistrements, le distributeur s’attaqua à changer la procédure. Depuis ce jour, les camions ne doivent plus couper la réfrigération, même à l’arrêt.

Les Allemands aiment les faits et les présentations étayéss jusqu’au moindre détail. Une procédure est mise en place après avoir tout vérifié et intégré dans la décision toutes les personnes concernées. C’est une action qui prend du temps et qui engage beaucoup de ressources. Une fois une décision prise, il y a peu de marge pour le changement, qui voudrait dire réengager les mêmes ressources.

Des Etats-Unis flexibles si c’est rentable

Du coté des Etats-Unis où le service clientèle est écrit avec un grand S, la flexibilité est vécue différemment. Anne, responsable informatique dans une société de conseil en technologie d’information travaille aux Etats-Unis depuis 13 ans. « La culture d’entreprise ici est très orientée sur le résultat et le „time is money“ est omniprésent de la côte Est à Ouest. La prise de décision est protocollaire mais même dans une grande société, que j’aime bien comparer à un paquebot, s’il faut tout changer en trois mois, et bien trois mois plus tard, le bateau est opérationnel à 70%. C’est sur l’eau et en navigant, que les derniers 30 % seront peaufinés.

Il faut noter aussi que la flexibilité en entreprise est souvent limitée au management. En face d’un employé, la situation est bien différente. Aussi longtemps que vous rentrez dans les cases prévues par le manuel, aucun problème. Mais si vous sortez du process, vous allez vous heurter à un mur. Oui, la capacité d’adaptation américaine est impressionnante. Mais ici, les entreprises sont flexibles aussi longtemps que cela leur rapporte de l’argent. Et la flexibilité se fait au détriment de la qualité. Un projet comme le TGV n’est possible qu’en France où l’on aime le travail bien fait. Et pourtant, les Etats-Unis ont envoyé les hommes sur la lune et c’est d’ici d’où vient Google.“

Les entreprises américaines s’adaptent aux circonstances si c’est rentable. Les sociétés allemandes ont du mal à bouger mais réagissent si on leur présente les bons chiffres. Et les françaises ? Jochen, vice-président d’une PME allemande dans l’agro-alimentaire travaille depuis 25 ans à l’international : « La flexibilité d’une entreprise dépend davantage de sa taille et du nombre d’échelons hierarchiques que de sa nationalité. Je vois peu de flexibilité chez Danone en comparaison avec Müller Milch* qui est significativement plus petit“.

En 2013, 98% des PME allemandes exportaient contre seulement 35 % des françaises. Quel potentiel ! Dans un monde des affaires américanisé, où la rentabilité court-terme passe avant tout, la flexibilité française est un atout. Profitons-en.

* Müller Milch est une société allemande qui transforme le lait et commercialise des produits laitiers

Crédit photo: Tecnomovida Caracas, lg-display-flexible-18-inch-oled-1

L'ACTU

Le déficit commercial français s’est réduit en 2014, pour la troisième année consécutive. Après avoir battu des records historiques en 2011 (- 74,5 milliards d’euros), le solde a été ramené à - 53,8 milliards d’euros fin décembre, soit une baisse de 7 milliards d’euros (11,5 %) par rapport à 2013, selon les statistiques des douanes (lemonde.fr).

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2 commentaires

  1. Bon article. Cela aurait été mieux si le mot flexibilité était définit. Aussi c’est un peu tricher de comparer les USA a la France et d’amalgamer tous les états et toutes les cultures de PME aux USA . Avec juste un témoignage c’est un peu léger. Comparez un état des USA a la France serait plus valable ou peut être faudrait il faire une etude plus avancée.

  2. Bonne idée pour l’étude.
    Quant à la comparaison état par état, dans ce cas sans doute faudrait il aussi considérer le sud de la France par rapport à Paris ? Ou Berlin vs. Munich ?

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