3 entreprises françaises de la Big Data à la conquête des États-Unis

Françaises, innovantes, certaines entreprises doivent mettre un pied sur le marché américain pour grandir. <-> Portraits de ces nouveaux arrivants (2/2)

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Ils ne sont pas complètement expatriés outre-Atlantique. Mais ils ont en commun de vouloir réussir leur implantation sur le marché américain en 2015. Pour cette étape de leur développement, ces créateurs d’entreprise se sont adressés à notre partenaire FrenchTechHub, pour ce volet Big Data, après le secteur de la e-santé.

1. Transformer l’expérience des clients américains

fabricelacroix« J’ai créé Antidot à Lyon en 1999, lorsque le web était florissant. A cette époque, j’étais le directeur technique d’Infonie, un important fournisseur d’accès Internet français, et je ai eu l’occasion de créer Antidot pour développer un moteur de recherche sur Internet (comme Google ou Bing) », raconte Fabrice Lacroix. A l’époque Antidot travaille sur l’indexation des contenus web.

Lorsque la bulle Internet a éclaté en 2001, la société a eu à faire un « pivot ». Elle choisit alors de réorienter sa technologie de recherche vers les besoins des entreprises, et plus particulièrement vers les sites e-commerce.

Aujourd’hui Fabrice Lacroix explique ce choix : « Nous sommes un fournisseur de logiciels dans le paysage Big Data: l’enrichissement des données et de la technologie de recherche. Nos clients sont des éditeurs de contenu (nous les aidons à réorienter leurs contenus), les sites Web de commerce électronique (booster leurs ventes grâce à une grande recherche sur le catalogue), et les sociétés de technologie. »

Antidot vise le marché américain avec un produit en particulier, Fluid Topics, un outils dédié à la transformation du service client «en réinventant la recherche et la navigation dans la documentation technique». Les cibles potentielles se trouvent «à 95% aux Etats-Unis».

Son implantation définitive outre-Atlantique est également prévue pour 2015 avec une équipe commerciale sur place. « Le marché est mou en France, notre six plus gros contrats ont été signés aux Etats-Unis ces cinq derniers mois. En France, pas une cible en an. Les entreprises sont trop timides. », détaille Fabrice Lacroix.  La société a annoncé 4,5 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2014, essentiellement sur ses solutions SaaS.

2. Faire progresser les analyses prédictives en France

floriandouetteauDataiku a été créée en 2013 par Florian Douetteau, le Directeur Général et ses trois associés, Marc Batty (Directeur du service client), Clément Stenac (Directeur du service technique), et Thomas Cabrol (Directeur de l’analyse des données). En Janvier 2015, la société française comptait 23 employés. Son chiffre d’affaires s’élevait à 1 million d’euros en 2014. Aujourd’hui, son objectif est de doubler ses revenus.

En Février 2014, Daitaku a lancé la première version de son logiciel Data Scientist Studio (DSS) à Paris. Conçu pour les analystes de données et d’affaires, l’outil DSS leur permet de créer des analyses prédictives à partir de données. « Nos clients utilisent notre solution pour développer des applications orientées données qui répondent aux besoins d’un marché spécifique comme la perte de clients, la détection de fraudes, l’optimisation des processus. Avec DSS, les utilisateurs peuvent accéder eux-mêmes à leurs données, les nettoyer, les enrichir, construire des systèmes d’analyse prédictive depuis un vaste catalogue d’algorythmes d’apprentissage automatique, créer des flux de données complexes, et prévoir l’automatisation de ces applications orientées données. », explique Florian Douetteau. Une solution complète, end-to-end, et avantageuse donc pour les entreprises qui n’ont plus besoin d’externaliser la production de leurs analyses.

Pour se différencier de ses concurrents sur le marché technologique, DSS se présente aussi comme un outil collaboratif, pour les débutants comme pour les experts. « DSS a été créé pour que les équipes faites de profils différents – des Technologies de l’Information aux entreprises – puissent travailler de manière productive ensemble sur des applications qui sont techniquement avancées et orientées business. »

A l’heure actuelle, les Etats-Unis se portent leader sur le marché du Big Data. La concurrence y est d’autant plus grande que Dataiku a décidé d’étendre ses activités outre-Atlantique, sur la côte Est. Florian Douetteau explique pourquoi :

« De plus en plus d’investisseurs se penchent sur les solutions end-to-end ayant des capacités prédictives. Si nous voulons réussir, nous devons prendre de l’avance et être capable de démontrer que DSS est le leader des outils end-to-end pour les applications prédictives sur le marché Européen mais aussi à l’échelle internationale. ». Au quart de l’année 2015, la société espère atteindre ses objectifs : attirer une douzaine de clients américains sur le logiciel DSS et faire de Dataiku un acteur majeur dans l’univers de l’apprentissage automatique et les données scientifiques.

En France, Daitaku n’a été confrontée à aucune concurrence directe jusqu’à présent. « Mais le marché français évolue rapidement avec le développement régulier de nouvelles solutions de données. » La société choisit d’ailleurs de conserver la majorité de son équipe R&D en France. Mais en attendant que le marché français du Big Data se développe, la société pointe trois éléments qu’elle souhaite améliorer en France : « la compréhension de l’analytique prédictive pour les besoins des entreprises ; la diffusion du savoir et la compréhension de la puissance qui peut être déclenchée par les données quand les bons outils sont aux mains des bonnes personnes ; rendre la science des données et de l’analytique prédictive accessible à tous.»

3. Microsoft et Salesforce comme partenaires

fabricejarryBasée à Paris, Nomalys a été fondée en 2009 par Fabrice et Pascal Jarry, deux spécialistes des logiciels, des technologies mobiles, et de l’expérience des utilisateurs. Aujourd’hui, la société se compose de 20 employés dont 80 % appartient aux équipes R&D et du développement des logiciels.

Nomalys est une application mobile pour les représentants commerciaux en déplacement. Les équipes de terrain peuvent accéder à l’intégralité des informations de leurs clients, provenant des systèmes informatiques (CRM – ERP – BI – EDM) de leurs entreprises, depuis leurs smartphones ou tablettes (IOS – Android – Blackberry – Windows). Pour les entreprises ciblées, les avantages sont multiples. Ces applications font grimper l’efficacité de la force de vente, stimulent l’utilisation du CRM et des données, et génèrent des revenus.

Les principales forces de Nomalys résident dans la singularité des fonctionnalités qu’elle propose à ses clients. « Grâce à la spécificité mind-map de l’interface utilisateur, nous offrons à nos utilisateurs finaux une manière intuitive, graphique et unique d’accéder aux informations clients sur leurs mobiles. Nous gérons nativement les modes online et offline pour améliorer la concentration des utilisateurs finaux dans leur travail, n’importe quand, n’importe où. Nomalys peut créer une vue unifiée tout en se connectant à plusieurs sources de données. », explique Fabrice Jarry.

Nomalys compte plus de 20 000 utilisateurs. L’application s’utilise sur plus de 500 technologies mobiles différentes (smartphones et tablettes) et sur plus de 200 résolutions d’écrans.
La société française a déjà deux partenariats avec les entreprises technologiques américaines mondiales, Microsoft et Salesforce. Les Etats-Unis apparaissent donc en tête de liste des marchés à conquérir pour Nomalys.

« Les USA sont le premier marché pour Nomalys en termes d’actions, de maturité du consommateur, et d’appétit pour les solutions innovantes. De plus, San Francisco est le cœur des entreprises innovantes dans le monde. Nous voulons être là-bas pour être sur la bonne voie.», raconte Fabrice Jarry. « Nous aurions aimé que les grandes entreprises françaises soient moins frileuses et qu’elles s’adaptent à leur processus d’achat pour entreprendre comme nous », ajoute-il.

Crédit: JD Hancock, Big Data.

L'ACTU

74% des entreprises françaises sont convaincues que le big data permettra une meilleure prise de décision, mais 41% d’entre elles ne lui allouent aucun budget, son ROI restant incertain, selon une étude EMC publiée en novembre 2013. (Frenchweb.fr)

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