Trouver un emploi à l’étranger: la méthode française et les autres

COMPARER - Les Français ne sont pas les seuls à vouloir trouver un emploi à l'étranger. Quelles sont les meilleures méthodes?

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Dans la recherche d’emploi à l’étranger ou dans des entreprises étrangères, connaître les pratiques est gage de réussite. C’est pourquoi la dernière étude de CareerBuilder doit retenir toute votre attention. Elle explore les méthodes de recherche d’emploi et les processus de candidature dans 5 pays : Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Allemagne et France. Voici donc une excellente occasion de découvrir les points communs mais surtout les différences significatives entre ces pays.

Détournons ce rapport destiné en premier lieu aux recruteurs pour en faire un outil destiné à ceux qui recherchent un emploi à l’international. Et suivons le conseil donné dans le synopsis de l’étude : « A Rome, fais comme les Romains »…

Afin de mesurer les écarts significatifs avec les autres pays, voyons d’abord quelles sont… les pratiques françaises !

La recherche d’emploi en France

Alors que le taux de chômage en France est de 10, 2% (soit le plus mauvais taux de l’échantillonnage), 55% des salariés français se disent « ouverts aux opportunités ». Ils souhaitent tout simplement un meilleur salaire. En cela, nous sommes très représentatifs des candidats étrangers qui eux aussi, pour la majorité, sont prêts à changer d’emploi pour être mieux payés.

Lorsqu’ils cherchent un emploi ou sont en veille, les Français utilisent d’abord des sites d’emploi en ligne puis leur réseau personnel et professionnel. Viennent ensuite les agences pour l’emploi, les journaux en ligne, les sites généralistes et les cabinets de recrutement. Monster.com est consulté plus souvent que LinkedIn qui est plutôt bien placé (15% des candidats le consulte). Les agrégateurs d’offres (utilisés seulement par 8% des chercheurs d’emploi) et les sites des entreprises sont moins prisés. Plus de 21 sources sont utilisées en moyenne pour rechercher un emploi et postuler. Les Français utilisent plus de sources que leurs voisins.

La recherche d’emploi aux Etats-Unis et au Canada

Selon le Bureau américain des Statistiques, le taux de chômage aux Etats-Unis est meilleur que celui de l’année dernière à la même époque (6,2% en juillet 2014 contre 5,3% en juillet 2015) et les salaires ont une croissance de 0,2%. Ceci n’empêche pas la majorité des candidats nord-américains de rester « ouverts aux opportunités d’emploi » (61% des Américains et 69% des Canadiens) alors que seulement la moitié des Européens déclarent la même chose. Seuls 23% d’Américains déclarent qu’ils n’ont pas l’intention de changer d’emploi. La recherche d’emploi aux Etats-Unis est donc à la fois banalisée et synonyme de concurrence élevée.

Outre Atlantique, les recherches sur les sites d’entreprises ont été le premier moyen utilisé par les salariés pour trouver leur dernier emploi. Etat de fait que vous avez tout intérêt à garder en mémoire si vous cherchez un emploi aux Etats-Unis car cette pratique ne nous est pas familière. Le deuxième moyen utilisé par les salariés a été de contacter son réseau professionnel (de visu ou par email). Si vous souhaitez relancer vos contacts américains par mail, sachez que cette pratique est courante dans la recherche d’emploi. Le troisième moyen utilisé a été l’activation du réseau personnel puis la consultation des sites d’emploi qui n’arrive donc qu’en 4e position. Les sites d’emploi les plus pratiqués sont Careerbuilder.com et Monster.com. Vient ensuite la prise de contact via LinkedIn (La recherche d’offres sur LinkedIn ne représente que 7% des moyens utilisés). Force est de constater que les agrégateurs d’offres d’emploi (Indeed, Simply Hired) et l’utilisation des cabinets de recrutement arrivent bien loin derrière.

Au Canada, le taux de chômage se maintient, depuis six mois consécutifs, à 6,8%, en juillet 2015. Pour trouver leur dernier emploi (ou leur emploi actuel), les Canadiens ont consulté (dans l’ordre) : leur réseau professionnel et personnel, les sites d’offres d’emploi canadiens (du type Workopolis.com probablement), Monster.com et les sites d’entreprises. La recherche sur LinkedIn, la consultation des agrégateurs d’offres arrivent ensuite devançant les agences nationales pour l’emploi, CarrerBuilder.com. et les cabinets de recrutement.

Si vous cherchez un emploi au Canada, gardez ces préférences en tête et sachez que dans toute l’Amérique du Nord, Monster.com reste LE site d’offres le plus consulté, d’où l’intérêt de vous familiariser avec lui.

La recherche d’emploi en Grande-Bretagne

70% des Britanniques sont « ouverts aux opportunités » dans un pays où le taux de chômage reste inchangé en juillet 2015 : 5, 6% (en nette amélioration depuis juillet 2014 : 6, 3%). Le « point noir » de l’emploi britannique est « la faiblesse croissance des salaires », rappelle LaTribune.fr.

En premier lieu, les Britanniques ont trouvé leur dernier emploi grâce aux agrégateurs d’offres d’emploi (26% des emplois). Ils sont les seuls candidats du panel à privilégier les agrégateurs (peu prisés par les Français). Les journaux en ligne tiennent la deuxième place et le réseau professionnel ou personnel, la 3eme position. Les sites d’emploi spécifiques, les cabinets de recrutement devancent Monster ou les sites d’entreprises (consultés seulement à 19%). Les pratiques sont donc très différentes des pratiques nord-américaines.

La recherche d’emploi en Allemagne

Le taux de chômage en Allemagne était de 4,7% en juillet 2015. 52% des salariés allemands sont en veille et 31% de salariés ne souhaitent pas changer de travail.

L’Allemagne est le seul pays du panel dans lequel plus d’un tiers des emplois ont été pourvus grâce à des annonces dans les journaux imprimés. Les offres de Monster.com arrive en 2eme position (même aux Etats-Unis, Monster ne fait pas aussi bien !) A savoir si vous cherchez un emploi en Allemagne ! Viennent ensuite les journaux en ligne et les agences pour l’emploi. Arrivant en 7e position seulement, le réseau personnel et professionnel est nettement moins utilisé que chez les voisins européens ou en Amérique du Nord. Côté réseaux sociaux, Xing devance largement LinkedIn avec 19% contre 7%. Les cabinets de recrutement, les sites d’entreprises et les agrégateurs d’offres présentent des scores bien modestes. Si vous cherchez un travail en Allemagne, ces tendance sont à étudier soigneusement (à l’aide de l’étude à télécharger) car elles sont très différentes des pratiques françaises ou celles des pays anglophones.

Les processus de candidature

En France, après l’envoi de la candidature, 34% des sociétés envoient un mail automatique de bonne réception, 18% des managers/employés envoient un message personnalisé de bonne réception et 17% préfèrent le faire par téléphone. 16% des sociétés signifient au candidat qu’il n’est pas sélectionné, 13% communiquent avec lui sur l’avancement du processus et 11% peuvent lui dévoiler le nombre de candidats en concurrence. Ces chiffres sont à l’image des pratiques dans les autres pays d’Europe, même si l’email automatique est un peu plus élevé en Allemagne (46%).

Aux Etats-Unis et au Canada, l’email automatique de réception de vos candidatures est encore plus systématique (moitié des candidatures) et l’appel téléphonique plus fréquent (20% aux Etats-Unis). Les entretiens multiples pour le même poste sont fréquents (dans le tiers des embauches au Canada et en Grande-Bretagne).

Dans tous les pays étudiés, les pratiques des recruteurs sont sensiblement les mêmes en matière de communication avec le candidat. Ainsi la majorité des candidats sélectionnés (jusqu’à 60% au Canada et 62% en Allemagne) sont contactés dans la semaine qui suit la réception de leur candidature. 17 à 21% des candidats sont contactés dans la deuxième semaine. Ceci signifie que lorsque vous envoyez une candidature, vous avez jusqu’à 80% de chance d’être contactés dans les deux semaines qui suivent votre envoi et ce, quel que soit le pays où vous postulez. Au-delà de la deuxième semaine, n’espérez plus tellement de signe…

En moyenne, un tiers des candidats a reçu une explication après avoir été écarté du processus de recrutement (après l’entretien d’embauche). Ce chiffre est plus important au Royaume-Uni : 40%. Si vous postulez au Royaume-Uni, vous avez presque une chance sur deux de savoir en quoi vous ne faites pas l’affaire !

La recherche d’emploi et le processus de candidature sont jugés « plus difficiles qu’il y a 5 ans »

Plus de la moitié des candidats français trouvent la recherche d’emploi « plus difficile qu’il y a 5 ans », mais il ne s’agit pas là d’une spécificité française, malgré notre taux de chômage élevé. Les Américains notamment et les Allemands partagent cet avis (pour 60 et 62% des candidats). C’est la rareté des offres qui est pointée (70% des Canadiens soulèvent ce point) ainsi que le nombre de candidats postulants. Enfin beaucoup de candidats ont du mal à trouver des offres correspondant à leurs qualifications (43% des Français, 60% des Canadiens et 45% des Allemands).

De la même façon, la moitié des candidats européens et un tiers des candidats américains jugent le processus de candidature « plus difficile qu’il y a 5 ans ». Parmi les difficultés évoquées : les candidats peinent à se différencier des autres (62% des Canadiens se disent « noyés dans le flot des candidatures »), les processus sont jugés trop automatisés, il y a trop d’étapes, l’entreprise communique mal, les processus sont trop longs, les CV triés et sélectionnés par des logiciels… La grande majorité des candidats souffrent d’une déshumanisation du processus, d’un manque de considération et d’une mauvaise communication de l’entreprise.

Les candidats ne sont pas fans de la candidature sur portable

17% des candidats français ont déjà postulé sur portable et ce chiffre est le plus élevé du panel. Mais cette forme de candidature ne soulève pour l’instant d’enthousiasme ni en France ni à l’étranger ! 43% des candidats français préfèrent un système avec un clavier complet, 37% trouvent l’écran trop petit , un tiers n’a pas de CV disponible sur mobile et 15% veulent faire une lettre de motivation personnalisée. Ces résultats sont à l’image de ceux des autres pays. Plus de la moitié des Américains, des Canadiens, des Britanniques et des Allemands préfèrent postuler sur ordinateur et les raisons évoquées sont partout les mêmes. A noter que les Canadiens et les Britanniques souhaitent à 23% et 50% faire des lettres de motivation personnalisées, ce qui souligne que, bien plus qu’en France, la lettre de motivation est importante dans ces pays.

L'ACTU

Les recruteurs s’inquiètent de l’augmentation du nombre de jeunes diplômés qui envisagent de partir pour ne pas revenir. En 2015, ce chiffre était de nouveau en hausse, avec 31 % de jeunes qui souhaitent réaliser toute leur carrière à l’étranger, contre 28 % en 2014, selon le baromètre de l’humeur des jeunes diplômés réalisé chaque année par le cabinet Deloitte. (leMonde.fr)

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