France VS Etats-Unis : deux modèles de lutte contre les inégalités

COMPARER - La France mise sur sa politique fiscale pour réduire les inégalités sociales et économiques <-> Aux Etats-Unis, on réagit en "conservateurs égalitaires".

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Le fossé entre les plus aisés et les moins fortunés a tendance à se réduire en France. Les 10% de Français les plus pauvres ont vu une augmentation du niveau de vie (revenu annuel inférieur à 10.730 euros), et les plus riches ont, eux, vu une baisse du niveau de vie (revenu annuel supérieur à 37.200 euros), d’après l’Insee qui a livré son dernier rapport sur les inégalités économiques et sociales. Ces statistiques ont même révélé une réduction des écarts de niveau de vie français « d’une ampleur inobservée depuis 1996 », avance l’institut.

Pour établir ce constat, l’Insee a utilisé un indicateur, l’indice de Gini, qui mesure la dispersion de distribution des revenus d’un pays donné. En France, on apprend que le taux est passé de 0,305 à 0,291 entre 2012 et 2013. Un recul notable que saluent fièrement la Gauche, sur les réseaux sociaux.


Lutter contre les inégalités en France : la réforme fiscale 

Cette amélioration est le « fruit de la politique de conduite de 2012 », déclare l’Etat. Une politique, avant tout sociale, qui entre dans son engagement de campagne électorale : redistribuer les richesses pour lutter contre les inégalités, à partir d’indemnités sociales pour les plus modestes et surtout de… réformes fiscales. Sur ce dernier point, « des efforts demandés d’abord aux plus aisés », dixit le gouvernement. Rappelons que la hausse des taxes, appliquée après l’élection de François Hollande, précisément a fait grincer des dents la France. Car, si l’Etat est convaincu de sa stratégie pour arriver à une société plus égalitaire, les Français, eux, ne partagent pas tous l’avis de leurs responsables politiques socialistes.

En témoigne l’étude de la Fondation Jean Jaurès « Les Français et l’état des inégalités dans la société », parue en Juin dernier. D’après le rapport, la société française est injuste, selon 76 % de Français. Mais, au-delà du consensus, l’on découvre le regard ambivalent de la population française à l’outil fiscal pour faire face aux inégalités. D’un côté, 71 % de Français admettent le postulat selon lequel l’égalité des chances serait la clé de la réussite d’une société plus juste. Mais pour l’atteindre, seulement 29 % seraient prêts à passer par une révision fiscale. Résultat : la corrélation entre les politiques fiscales et la notion d’égalité sociale n’apparaît pas évidente en France.

Aux Etats-Unis, les citoyens développent en plus une philosophie : « le conservatisme égalitaire »

Cette tendance contraste avec les positions observées en Amérique du Nord. Aux Etats-Unis, les Américains font face depuis les années 70 à des inégalités entre les bénéficiaires de hauts revenus et le reste de la société américaine. Un fossé qui s’est creusé avec la crise de 2008. Chez eux, l’indice de Gini a augmenté, passant de 0,390 en 2012 à 0,401 en 2013, selon les données de l’OCDE.

Face à ces inégalités, l’on s’interroge : comment les citoyens font-ils alors pour continuer à vivre le traditionnel « rêve américain » ?

Aux Etats-Unis, la plupart des Américains poursuivent leurs objectifs par eux-mêmes, sans politique d’intervention du gouvernement. Une posture individualiste, bien établie dans le pays, mais qui n’est pas représentative de toute la société américaine. Car, là-bas, des citoyens entendent aussi laisser de côté leurs intérêts personnels, en soutenant l’Etat dans ses politiques fiscales, expliquent les politologues américains Benjamin Page et Lawrence Jacobs dans leur ouvrage Class War ? What Americans Really Think About Economic Inequality. En acceptant de payer des taxes supplémentaires, l’objectif, pour eux, est double : établir un niveau de sécurité économique minimal pour les laissés-pour-compte, et étendre l’égalité des chances dans le pays. Une approche utile aux idéaux égalitaires qui agrémentent l’imaginaire américain, avancent les auteurs.

L’argent récolté sert à développer des programmes de lutte contre les disparités, dans l’éducation, la retraite et la pauvreté en priorité. Des domaines qui ont vu se multiplier les « welfare programs » pour combler les écarts avec les couches les plus démunis. Mais, voyons notamment l’impact marquant de la dernière réforme « Obamacare » sur les inégalités dans la santé. Aux Etats-Unis, dans ce secteur, on se réjouit. Entre 2013 et 2014, le nombre d’Américains non assurés a diminué de 8,8 millions, rapporte un récent article du Los Angeles Times. Et du côté de l’opinion publique américaine, l’adhésion l’emporte avec 44 % de personnes qui se disent favorables en Août 2015 à la réforme, selon un sondage Kayser Family Foundation.

La société américaine est de fait ouverte à dépasser ses valeurs conventionnelles de libre entreprise et de responsabilité individuelle. Quand elle se décide à le faire, elle se range du côté du gouvernement. Elle développe alors un « conservatisme égalitaire » ou « conservatisme compassionnel »*, expliquent les auteurs. Une doctrine qui reconnaît l’étendue du pouvoir public dans les affaires économiques. Mais qui intervient que lorsque les Américains estiment que leur bien-être social est menacé, comme dans le cas où les inégalités freinent la prospérité. Ici, précisément, le soutien national en définitive n’est que plus fort.

La lutte contre les inégalités se couple donc aussi avec une philosophie aux Etats-Unis. Une pensée solidaire, pourtant, discutable. Il faut la relativiser puisqu’elle n’atteint, pour l’heure, qu’une portion d’Américains. Une majorité silencieuse décidée à prouver sa solidarité, mais qui se heurte à un modèle de justice sociale, qui, en réalité, questionne l’efficacité des politiques menées par l’Administration en place. Avec Obamacare, le nombre d’Américains ayant une couverture sociale a augmenté entre 2013 et 2014, mais la récente étude du Bureau de recensement des Etats-Unis émet des réserves. En matière de santé, la reprise économique est loin de bénéficier à tous les Américains. Et comme l’a mentionné le New York Times dernièrement, c’est la classe moyenne américaine d’abord qui pâtit, avec comme constat, pour elle, une couverture sociale moins accessible que pour les couches les plus modestes qui tirent, en priorité, les avantages de l’assurance-maladie à l’heure actuelle.

* Class War ? What Americans Really Think About Economic Inequality, Benjamin Page et Lawrence Jacobs

Crédits Photos : Wayne S. Grazio

L'ACTU

A l'issue du troisième comité interministériel sur le "Grand Paris", Manuel Valls a annoncé la création de 70 000 nouveaux logements dans 6 quartiers prioritaires d'Ile de France. Un projet qui vise à réduire les inégalités entre les différents territoires franciliens. (Europe1.fr)

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4 commentaires

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