Argent, mobilité…: la définition du bonheur au travail

EMPLOI - Quelles sont les raisons qui font que l'on se sente bien au travail, que l'on soit un salarié en France ou à l'étranger?

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Le Boston Consulting Group (BCG) s’est penché sur les envies de mobilité internationale des salariés et a livré en début d’année, un rapport « Decoding Global Talent ». Cette étude comparative qui tire également des conclusions sur ce qui fait « le bonheur au travail », a été réalisée dans les pays du G20. Elle est une occasion unique d’étudier les envies d’expatriation de nos compatriotes et de les comparer avec celles des habitants des autres pays.

L’argent ne fait pas le bonheur
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C’est la première conclusion qui s’impose ! Dans les raisons qui font que l’on se sent bien au travail, le fait de gagner bien sa vie est un critère qui n’intervient qu’en… 8e position ! Bien sûr, il y a des différences selon que les sondés vivent dans un pays économiquement favorisé ou pas. Lorsqu’il s’agit d’un pays où la vie est moins facile, financièrement parlant, ce critère remonte vers le top.

Par dessus tout, les travailleurs mondiaux se sentent heureux lorsque leur travail est apprécié à sa juste valeur. Ce critère est partagé par la majorité des pays mais pas par les Français qui le place en 5e position ! C’est le fait d’avoir « de bonnes relations avec leurs supérieurs » qui arrive en pôle position en France ! Au vu de la forte distance hiérarchique en vigueur dans notre pays, ce souhait n’a rien de très étonnant.

Les Français rêvent ensuite d’un « développement de leur carrière et de leur formation », de « bonnes relations avec leurs collègues » et d’un « salaire attractif ». Ce classement ne correspond pas tout à fait au classement mondial qui plébiscite « une bonne entente avec les collègues », suivi d’un « bon équilibre entre travail et vie personnelle » et « de bonnes relations avec les supérieurs hiérarchiques ». C’est à dire que dans les 4 premiers critères mondiaux, 3 sont liés aux aspects relationnels. C’est dire leur importance !

Outre leurs souhaits de bonnes relations avec leurs supérieurs hiérarchiques, les Français apparaissent donc plutôt centrés sur leur carrière, plutôt et désireux d’harmonie dans leurs relations interpersonnelles et motivés par le salaire (la question financière arrive en 4e position alors qu’au niveau mondial, elle est en 8e).

Nous pouvons nous reconnaître sans difficulté dans cette description…

Avons-nous les mêmes valeurs ?

Les valeurs des Canadiens semblent assez proches de celles des Français : ils souhaitent des relations harmonieuses avec leurs supérieurs, de bonnes relations avec leurs collègues et désirent surtout un bon équilibre famille-travail. Les représentants du Royaume-Uni sont assez proches mais très demandeurs en matière de sécurité de l’emploi. L’expatriation de Français dans ces pays semble donc tout à fait réalisable. Pour ce qui concerne les USA, il faut quand même noter que « les valeurs de l’entreprise » sont une valeur très importante pour les Américains alors que ce critère n’a même pas été sélectionné par les Français… Et il faut également noter que « la formation et le développement de carrière » qui est une valeur française importante, n’est absolument pas noté par ces trois pays…

Le fait de « se former et de connaître une progression de carrière » est un critère qui plutôt partagé par les travailleurs des pays de la zone EMEA : Italie, Espagne, Algérie, Maroc ainsi que par les pays en développement : Argentine, Venezuela, Mexique… S’il est question pour un Français de s’expatrier ailleurs que dans ces pays, il faudra qu’il sache qu’il risque de se sentir plutôt isolé dans son désir de progresser. Un Français doit également garder en tête que si la question des « valeurs de l’entreprise » n’est pas importante pour lui, elle l’est pour les travailleurs américains mais aussi asiatiques (Philippines, Chine) et d’Afrique du Sud.

Ce qui nous donne envie d’aller voir ailleurs

Faire une nouvelle expérience personnelle et acquérir plus d’expérience professionnelle sont les critères phares dans 65% des intentions de départ au monde. Viennent ensuite les opportunités de carrière, l’attractivité de l’offre proposée et l’amélioration des perspectives de salaire.

Partout dans le monde, les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni sont en tête de liste des pays plébiscités par les candidats au départ. La langue anglaise joue évidement un très grand rôle : nombre de travailleurs mondiaux souhaitent devenir anglophones

Le top 5 des destinations préférées des Français sont les US, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et l’Allemagne.

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Les Français sont à priori, avec les Néerlandais, les Européens faisant preuve du plus grand désir de mobilité : + de 90% d’entre nous, seraient volontaires pour s’expatrier alors que les Britanniques, les Américains, les Russes et les Allemands notamment, sont moins de la moitié à évoquer cette possibilité. La crise économique que nous traversons peut-elle à elle seule, expliquer cet état d’esprit ? Sachant que les Grecs qui sont dans une situation bien pire que la nôtre et les Espagnols qui connaissent un chômage plus important que le nôtre, sont à peine plus de la moitié à exprimer un désir d’expatriation, la réponse est clairement non !

Que faut-il en déduire alors ? Que nous ne sommes pas attachés à nos racines et/ou à notre pays ? Cette question soulève des débats assez stériles, bien que passionnés.

Comparés au reste du monde, les Français sont particulièrement mobiles, très soucieux de leur carrière et de leur montée en compétence et ils s’intéressent peu aux valeurs de l’entreprise. Si au lieu de considérer le désir de mobilité de façon isolée, nous observons ces critères ensemble, le portrait d’un Français plutôt ambitieux et plutôt individualiste, se dessine alors qu’une question émerge. Et si les Français étaient tout simplement prêts à s’expatrier pour réaliser leurs ambitions ? « Raisonnablement » attachés à leurs entreprises, ils semblent fin prêts à se déplacer pour progresser ! Individuellement du moins.

L'ACTU

41% des personnes interrogées disent souhaiter changer de voie sans oser le faire, 65% d'entre elles jugeant un changement de métier ou d'entreprise "trop risqué aujourd'hui", selon un sondage réalisé par Opinionway en partenariat avec Liaisons sociales pour l'Observatoire du travail-BPI Group. 91% des salariés ayant changé d'entreprise et 92% de métier au cours de leur carrière en tirent un bilan positif avec le recul, même si 39% d'entre eux reconnaissent avoir rencontré des difficultés dans leur démarche. (L'Express.fr)

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