Faut-il affronter les extrêmes ou s’unir face à eux?

COMPRENDRE - Les partis traditionnels de droite et gauche doivent-ils s'unir pour freiner la monter des extrémismes? C'est le cas dans les pays nordiques...

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Les élections régionales se sont achevées dans un contexte particulièrement chargé entre l’état d’urgence et surtout le pacte universel climatique qui a été adopté le 12 décembre dernier. Bien que le Front National ait été défait au second tour, il enregistre une progression historique avec 358 conseillers régionaux qui dans les années à venir vont jouer un rôle déterminant dans l’adoption des budgets au sein des exécutifs régionaux. Cela pose concrètement la question des coalitions et des compromis à rechercher pour éviter des blocages qui alimenteraient une défiance encore plus forte vis-à-vis de la capacité à gouverner des responsables politiques.

Les pays nordiques sont dans une situation politique similaire avec une culture institutionnelle très différente. Situation politique similaire car l’extrême-droite y est très forte et enracinée ; culture institutionnelle différente car les régimes politiques sont indexés sur un mode de scrutin proportionnel favorisant les compromis et les coalitions. C’est le cas en Suède où l’extrême-droite est représentée au Parlement avec un peu moins d’une cinquantaine de députés. Cette extrême droite est identitaire, quand la nôtre est empreinte de nostalgie coloniale. C’est en cela qu’elle est dangereuse. Nous devons apprendre des pays nordiques pour savoir ce qu’il est possible de faire.

Si l’extrême-droite suédoise vote avec l’opposition conservatrice, le budget du gouvernement n’est pas adopté. C’est pour cette raison que le gouvernement à majorité social-démocrate et écologiste est dans une position minoritaire. Les Sociaux-démocrates et les Conservateurs ont conclu le 27 décembre 2014 un compromis pour éviter cette situation à condition d’élaborer des politiques publiques satisfaisant les parties contractantes de cet accord, d’où la sanctuarisation du budget de la défense qui correspondait à une volonté conservatrice.

De nouvelles coalitions

En France, nous sommes dans une culture majoritaire avec un paysage tripartite et un clivage droite / gauche qui n’est pas toujours lisible sur des questions relevant de l’intérêt général. Il ne s’agit pas d’éliminer ce clivage puisqu’en termes de valeur et d’orientation, les projets de société sont malgré tout différents. Au contraire, nous pouvons élaborer des coalitions différentes selon les rapports de force politique pour préparer des réformes nécessaires au mieux-être de notre pays et éviter le piège du repli identitaire.

Un compromis est souvent fait dans la douleur, mais il doit pouvoir être possible institutionnellement pour dégager des politiques publiques consensuelles. Cette culture du compromis, je l’appelle de mes vœux, car elle serait de nature à recréer les conditions d’un espace public où les divergences et les confrontations d’opinion pourraient s’exprimer. Pour y arriver, il y aurait besoin d’une participation plus forte des citoyens. Compromis et participation permettraient de désactiver le processus de désertion de l’espace public et le repli dans la sphère privée. Il faudrait pouvoir évaluer la manière dont nous concevons ces instruments de participation pour que les décisions soient davantage comprises, expliquées et suivies. La politique est une affaire de clarification de choix d’orientation, les citoyens doivent pouvoir l’exercer et non seulement déléguer cette prérogative lors des échéances électorales. De ce point de vue, la relégitimation de l’espace public espérée pourrait avoir lieu. La démocratie est un exercice patient et laborieux de construction de l’intérêt général.

L'ACTU

Affrontement ou compromis : la déchéance de nationalité au Parlement français. "Pour le vice-président du FN,François Hollande a agi « à la demande expresse du Front national ». « Nicolas Sarkozy l'avait promis dans un discours en 2010. Ça remue un peu à gauche mais au moins là on avance. (…) Tout binational qui commet un crime grave n'est pas digne d'être Français. (…) Le principe réhabilité, nous allons passer à l'étape n°2, c'est-à-dire faire pression pour que cette déchéance de nationalité (...) soit appliquée concrètement beaucoup plus largement." (LeParisien.fr)

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