Classée 52ème, la France est encore loin d’être championne de la liberté économique

La France vient de promulguer ses ordonnances permettant de réformer son Code du Travail. <> Mais une étude canadienne révèle que la marche de la liberté pour les entreprises et les salariés est encore bien haute pour l'Hexagone.

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Emmanuel Macron a promis de « libérer l’énergie de ceux qui peuvent » avant son élection, mais la route de la liberté économique s’annonce encore longue, comme le révèle l’Economic Freedom of the World Index, le classement annuel publié par l’institut canadien Fraser. Pour cette édition 2017, qui s’appuie sur des données de 2015, avant donc les premières réformes, la France se classe 52ème, soit cinq places de mieux qu’en 2016, mais toujours dans le peloton des pays réfractaires en matière d’opportunités économiques.

L’Hexagone est juste devant l’Italie (54e), mais il est désormais loin derrière l’Espagne (36ème), qui a entrepris les réformes nécessaires notamment en matière de Code du Travail, d’après les chercheurs. La France de 2015 est aussi derrière la Pologne (51e), le Botswana, le Qatar et la Mongolie (45e), la Belgique (43e), Israel (38e), et l’Allemagne libérale (23e). Les pays nordiques et baltiques (Finlande, Danemark, Lettonie) s’arrogent confortablement les places du Top 20 de l’Index qui auditent 156 pays.

L’étude EFW mesure la liberté économique dans cinq domaines : la taille du gouvernement, la justice, le niveau de l’inflation, la liberté de commercer à l’international et les régulations encadrant les entreprises. La liberté économique repose également, selon les auteurs, sur les choix personnels des individus, des échanges consentis, la liberté d’entrer sur un marché pour le conquérir, et le respect de la propriété privée.

Une refonte du code du travail attendue

En outre, la France est mal notée sur la taille du gouvernement (152e), et, particulièrement, en 2015, sur les lois encadrant le code du travail (120e). Les ordonnances promulguées par le gouvernement Macron suffiront-elles à inverser la tendance et à rehausser la note de la France ? Rien n’est moins sûr pour les chercheurs canadiens.

« L’économie française a longtemps été étranglée par des lois travail hautement restrictives, ce qui a ralenti la création d’emplois. Les cinq piliers de réformes (annoncées par Emmanuel Macron ndlr) vont certainement aider la France à regagner quelques places. En espérant que ces réformes auront aussi un impact social positif, permettant à des travailleurs moins qualifiés et issus des minorités d’entrer plus facilement sur le marché de l’emploi. Mais les réformes ont toujours échoué jusqu’ici à refondre correctement les contrats de longue durée (CDI) qui continueront de créer une classe favorisée et à exclure les moins privilégiés et les moins connectés », explique Fred McMahon, chercheur de cet institut canadien qui à créé cet Index en 1996.

Du coup, la marche de la liberté en matière de travail reste haute pour l’Hexagone : « facilité à recruter ou à licencier, salaire minimum, conventions collectives centralisées, temps de travail légaux, gestion administrative du salarié »… Ses six critères restent bien en deçà de la moyenne, d’après l’étude qui compile également les données du FMI, de la Banque Mondiale et du World Economic Forum.Fraser_Institute

Pour ce think tank financé principalement par des privés, la liberté économique en France a lourdement chuté entre 2000 et 2005, et plus particulièrement après la décennie 90 qui l’a définitivement écartée de son Top 20. Maigre consolation, le meilleur score de la France se trouve sur la stabilité monétaire « sound money » et sur la faible inflation (5e).

« L’égalité hommes-femmes est plus importante dans les pays économiquement libres »

Pour la première fois, l’EWF a mis en place un nouvel indicateur de genre «pour prendre en compte le fait que les femmes n’ont pas le même degré de liberté économique que les hommes dans beaucoup de pays». Et observe : «l’égalité hommes-femmes est plus importante dans les pays économiquement libres».

Au classement général, Hong Kong et Singapour restent les champions de la liberté. Dans le Top 10 des plus libres économiquement, on trouve également la Nouvelle Zélande, la Suisse, l’Ireland, le Royaume-Uni, la Géorgie, l’Australie et l’Estonie. Chez ces pratiquants de la dérégulation, le PIB par habitant s’élève à environ 42 463 dollars, contre 6 036 dollars dans les pays les moins libres. De même, l’espérance de vie passe de 80,7 ans à 64,4 ans dans les pays les moins libres.

Deuxième de ce EWF Index sous l’ère Reagan, les États-Unis sont désormais 11ème, ex-aequo avec le Canada.

La Chine, la Russie et le Brésil sont respectivement 112e, 100e, et 137e. Le Vénézuela, en pleine crise depuis l’arrivée 2013 du président Maduro, est bon dernier du classement.

 

Voir l’étude complète ici.

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