Ces solutions connectées qui veulent lutter contre le harcèlement sexuel

S'INSPIRER - La parole des victimes d'agressions sexuelles se libère sur Internet en France avec #balancetonporc et #MeToo <> Des chercheurs étrangers ont élaboré des capteurs pour prévenir les dangers.

Intrepid_MITLab

Les réactions suite aux révélations de l’affaire Harvey Weinstein continuent de pleuvoir sur les réseaux sociaux en France (avec #balancetonporc) et dans le monde (#MeToo). Déjà plus de 150 000 tweets et 59 000 internautes, d’après les chiffres de la start-up de veille Visibrain cités par LeFigaro. Postés par des femmes pour la plupart, toutes victimes d’agressions sexuelles, ces messages racontent en 140 signes les morceaux sordides de ces mauvaises rencontres. A l’heure du tout-connecté et de l’Internet of Things (IoT), cette libération de la parole peut-elle trouver une traduction efficace dans le monde des nouvelles technologies ?

Une chose est sûre, les capteurs connectés vont de plus en plus faire partie du quotidien, dans la mobilité, les échanges, les villes intelligentes, la santé… Mais le problème des violences physiques peut-il être confié à l’IoT, devenant ainsi garant du corps de chacun? Tandis que le débat se focalise en France sur les anecdotes et sur la dénonciation des prédateurs, les chercheurs, eux, se posent cette question depuis plusieurs années.

En 2014, un groupe de travail de l’Université de Washington mettait au point le bracelet connecté «Vive», comme le rapportait le site Geekwire. Son principe était simple; pour l’étudiante qui souhaite passer une soirée bien arrosée, sans se soucier d’éventuels prédateurs, le bracelet devait lui permettre de rester en contact avec ses amis et de les prévenir en cas de menaces. Concrètement, le bracelet avait la particularité de vibrer régulièrement pour savoir si la personne passe un bon moment et est «sous contrôle». Si le porteur manque une vérification, ses amis, présents au même endroit, sont prévenus.

Ce projet étudiant, alors présenté et récompensé à la Microsoft Design Expo 2014, n’a toutefois pas encore dépassé le stade de prototype. La marque Vive vit bien aujourd’hui, mais avec HTC, le fabricant de smartphones positionné sur l’IoT, qui a lancé en début d’année un nouveau tracker connecté pour la santé et le remise en forme.

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Plus récemment, et d’après le constat que «toutes les 98 secondes, une personne est abusée sexuellement aux Etats-Unis», le MIT (Massachusetts of Institute) s’est lui aussi saisi du sujet. Repérée par le média Quartz, la solution baptisée «Intrepid» repose sur une bandelette connectée à coller sur son vêtement, tel le soutien-gorge, pour détecter toute agression. L’objet connecté est relié à une application mobile, qui, en cas de comportement inhabituel d’après la façon dont l’utilisateur se vêtit normalement, envoie une alerte sur son smartphone. Si l’utilisateur ne confirme pas qu’il est responsable de la manipulation du vêtement au bout de 30 secondes, ce sont les cinq téléphones des amis qui se mettront à vibrer pour prévenir du danger. Et au bout de quelques minutes, un appel est déclenché vers le téléphone du proche afin de porter secours.

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Développé par Manisha Mohan, une chercheuse au MIT originaire de l’Inde, où les agressions sexuelles sont un véritable problème de société, «Intrepid» pose toutefois quelque questions sur sa capacité à faire la différence entre un mouvement anodin et une agression. Le traçage de chaque mouvement du corps, en contact avec les vêtements, peut en effet rapidement devenir une contrainte pour sa propriétaire. Pour l’heure, la solution a été testée auprès de victimes d’agressions sexuelles.

Si ces capteurs connectés semblent encore restreints au stade de l’expérimentation dans des milieux universitaires ou de la recherche, ce segment de l’IoT est toutefois prometteur. D’ici 2022, le marché des capteurs connectés, tous secteurs confondus, est estimé à 35 milliards de dollars, à un rythme de croissance annuelle de +40%, selon une étude Market Research Engine.

L'ACTU

De son côté, la France réfléchit, elle actuellement à faire voter en 2018 une nouvelle loi pour punir les violences sexuelles et le harcèlement de rue. L'idée est de verbaliser les comportements définis par le harcèlement. Un délit qui restera toutefois difficile à sanctionner par les agents dans l'espace public.

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