Macron veut une «Start-up Nation», l’auteur Saul Singer lui répond

[VIDÉO] Il y a un an, Emmanuel Macron annonçait son projet de faire de la France une «Start Up Nation». <> Depuis Israël, terre des start-up, le co-auteur de cette théorie donne son point de vue sur l'actuel président et sur ce qui fait réellement une «Start-Up Nation».

Cela fera bientôt un an que le président Emmanuel Macron avait promis, en avril 2017, la «StartUp Nation».  «Une start-up nation est une nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une», affirmait-il alors. A l’origine, cette idée est développée par les auteurs israéliens Saul Singer et Dan Senor dans le livre éponyme, en 2009. Ils y expliquent les mécanismes économiques et sociaux qui ont permis la création exponentielle de sociétés technologiques en Israël. Près de dix ans plus tard, alors que de nombreux dirigeants français se sont rendus dans ce pays pour s’inspirer du modèle, la France s’en est fait un exemple à suivre. Mais qu’en est-il réellement ?

Face aux journalistes fin mars, Saul Singer a rappelé les fondamentaux de la StartUp Nation. Il a d’abord souligné la prépondérance du secteur militaire au niveau national qui encourage l’innovation et inscrit profondément une culture du risque. Avec les migrations d’Europe de l’Est, et principalement de Russie dès la constitution de l’Etat en 1948, Israël a vite compris l’intérêt de tirer avantage des ces nouveaux arrivants; des ingénieurs notamment et des talents. «Israël s’est bâti sur la culture du sacrifice pour quelque chose de plus grand que soi», explique Saul Singer.

Avec un marché de seulement 8,5 millions d’habitants, Israël s’est rapidement tourné vers le «think global», cherchant à attirer les sièges des multinationales et les centres de R&D sur son territoire. Entre 1991 et 2000, les investissements des fonds étrangers sont ainsi passés de 58 millions, à 3,3 milliards de dollars, d’après le ministère des Affaires étrangères. Israël compte aujourd’hui 70 sociétés de capital-risque sur son territoire, dont 14 sont étrangères Enfin, en 2017, le Ministère de l’Économie avait investit 2,2 milliards de dollars (hors salaires et subventions) pour sa seule division «Invest in Israel». Ce que Saul Singer résume ainsi: «Les multinationales ne viennent pas pour le marché mais pour l’innovation. Israël est un peu l’usine à solutions».

D’autre part, les allègements fiscaux et les aides de l’Etat sont multiples. «4,5% du PIB israélien qui est investi dans la R&D par le gouvernement, mais c’est l’effet non la cause, la majorité vient de l’investissement privé en R&D», précise l’auteur.

En France fin mars, certains entrepreneurs français expatriés, dont Marc Rougier, Carlos Diaz, commençaient à exprimer leur inquiétude sur le décalage entre la réalité et les promesses de tous bords pour la Tech en France. Dans le même temps, la mise en lumière de l’incubateur Station F de Xavier Niel n’a pas échappée à Saul Singer. «De même qu’il important d’avoir le gouvernement de votre coté, il est important d’avoir des leaders dans le business pour créer des espaces de coworking et encourager les start-up. (…) Je suis sûr qu’il y en aura d’autres de ce type en France ». 

A Jérusalem, Globaliz a interrogé Saul Singer sur la direction prise par Emmanuel Macron avec lequel il confie avoir échangé «par lettres» il y a un  an, lorsqu’il a fait cette promesse. Si l’auteur choisit de rester optimiste sur la France, après l’entretien, il a également révélé le sujet de son prochain livre. Celui-ci doit porter sur les nouveaux écosystèmes émergents, «des États de taille moins importante et moins institutionnalisés, où l’innovation peut être particulièrement intéressante et durable». Et non, pour ce nouveau livre et après son best-seller, il n’a pas prévu de consacrer un chapitre sur la France.

L'ACTU

En marge d'un discours fleuve prononcé au Collège de France à l'occasion de la publication d'un rapport parlementaire sur l'intelligence artificielle, le chef de l'État a évoqué les atouts de notre système politique. «Je crois dans l'autonomie et la souveraineté. La démocratie est le système le plus “bottom up” de la terre», peut-on lire sur son compte Twitter. (LeFigaro.fr)

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