Google-Apple, un duopole trop dangereux pour les apps ?

Après Bruno Le Maire en France, l'UE veut adopter de nouvelles lois contraignants les géants à plus de transparence et à moins de discriminations pour les plus petits acteurs du digital. <> En Israël, là où tout est fait pour faire naître un champion, le point de de vue est plus nuancé.

Mi-mars, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, confiait au micro d’une radio «avoir appris», dix après la création de l’App Store, les conditions de rémunérations des développeurs qui utilisent la plateforme du “magasin d’applications”. Ces contrats, qui rémunèrent les développeurs d’application et Apple par le biais d’une commission ont été jugés injustes et servant à asseoir une forme de domination des deux GAFA, par le ministre français. Il annonçait alors vouloir assigner Google et Apple en justice pour pratiques commerciales abusives. Après lui, sur les sujets de la transparence et de la « non-discrimination », la Commission européenne doit présenter dans les prochains jours de nouvelles obligations pour les deux géants (voir notre encadré actu).

En 2017, 2,1 millions d’applications étaient disponibles sur l’App Store et 3,6 millions sur le Google Play (chiffres Appfigures). Pour les éditeurs d’application, les gains sont toujours possibles. Au premier trimestre 2018, les volumes de vente ont ainsi augmenté de 22% par rapport au premier trimestre 2017, selon les chiffres AppAnnie. Apple conserve un avantage certain en matière de dépenses, plus élevées dans son store que chez Google.

Pour la première fois, en 2017, la marque à la pomme a néanmoins vu le nombre de ses applications décroître(-5%). En cause, des conditions techniques de développement plus drastiques et un « nettoyage » des applications « abandonnées », révèle TechCrunch. Le nombre d’applications sur Google Play est en croissance de +30% entre le début et la fin de l’année.

De son côté, Goole vient de publier une liste des appareils mobiles certifiés (près de 20 000 en tout) donnant accès au Google Play.

 

LÀ-BAS en ISRAËL : l’avis de Lightricks

A Jérusalem, Globaliz a posé la question à Zeev Farbman, cofondateur et CEO de Lightricks, la société israélienne qui édite Facetune, une application de retouches de photos surfant sur la vague du selfie et téléchargée plus de 20 millions de fois. Et pour cause. Elle est l’application qui rend beau, en sublimant toutes les imperfections grâce à ses outils et fonctionnalités.

Basée dans la ville sainte, elle possède aussi un bureau à New York en charge de ses relations juridiques avec les géants Apple, Google et Facebook “pour les relations publicitaires”.

Globaliz : Google-Apple, un duopole trop dangereux pour les app ?

 

Zeev Farbman, CEO de Lightricks, à Jérusalem : « Cela pose de nombreux challenges, en effet. Cette régulation est en fait comparable à celle d’un Etat qui impose des taxes. Google et Apple sont dans la même situation; ils peuvent changer la structure de nos coûts. Or, les régulateurs comprennent de plus en plus ce pouvoir et ils commencent à réfléchir.

Nous prions pour que rien n’arrive qui viendrait fragiliser nos intérêts.

Et sur la proposition de Bruno Le Maire ?

Mettre tout le monde autour de la table est la meilleure chose à faire. Il faut créer une situation ‘win-win’. Apple et Google disposent d’incentives pour les développeurs. Or, ils ont fait des efforts en ce sens ces dernières années. Il est donc possible de créer un environnement positif. »

 

Photo by Felix Russell-Saw on Unsplash

L'ACTU

La Commission européenne, par la voix de sa commissaire Margrethe Vestager, va proposer un projet de réglementation qui imposera aux plates-formes de présenter leurs conditions d’utilisation de la manière la plus claire possible et leur interdit d’en changer sans prévenir leurs utilisateurs. (LeMonde.fr) App Store et Google Play sont visés par ces nouvelles directives actuellement en discussion.

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