La France peut-elle vraiment devenir la terre d’accueil des scale-up? (vidéo)

COMPARER - A l'occasion du Forum OCDE, Globaliz a interrogé quatre pays sur leur écosystème start-up respectif, à l'heure de la domination des GAFA et de l'appétit de la Chine en matière d'IA.

Plus de paix sociale grâce à la tech, plus d’emplois grâce à la petite entreprise, plus de financements pour l’innovation… Où se trouve le progrès pour tous en France ? Près de vingt ans après la première bulle Internet, les nouvelles technologies semblent être à la portée de tous. Mais les responsables politiques et les grandes entreprises n’ont pas la même vision des directions à prendre pour favoriser l’essor économique et social. Comment se définit un écosystème start-up florissant et, surtout, quel est celui qui tirera son épingle du jeu pour attirer les « scale-up » – ces sociétés innovantes qui mènent une stratégie d’accélération au niveau mondial pour devenir des « licornes » ?

Alors qu’Emmanuel Macron veut être le président de la «StartUp Nation» à la française, la France est-elle une terre d’accueil idéale pour les sociétés technologiques ? Car derrière des intentions prometteuses du gouvernement actuel se cache une autre réalité : en 2017, la France a plafonné au 115ème rang sur 140 pays dans le classement évaluant la lourdeur administrative des économies développées, selon le dernier Global Competitiveness Report. Pire, ce «fardeau» de l’administration sur les entreprises hexagonales pèserait 3 à 4% sur le PIB national, soit 60 à 80 milliards d’euros par an, d’après les chiffres de l’OCDE.

L’organisation internationale réunissait fin mai les experts mondiaux autour du thème «ce qui nous rapproche», à l’occasion de son forum annuel à Paris. A l’occasion du Forum OCDE, Globaliz a animé les échanges de quatre pays sur les forces et les caractéristiques de leur écosystème start-up.

Marija Rucevska, de Lettonie, est la cofondatrice de TechChill Foundation. Parmi ses missions, elle doit promouvoir l’attractivité des pays baltes. «Notre mission la plus importante est de permettre aux start-up de grandir vite et mondialement, depuis un pays de 1,8 million d’habitants seulement, où il est crucial de penser ‘think global’ depuis le jour 1», explique-t-elle dès l’introduction.

Eugene Kandel est le directeur général de StartUp Nation Central, une ONG qui promet la « StartUp Nation » israélienne. Son objectif est de connecter les écosystèmes, notamment entre les grandes entreprises internationales et les sociétés technologiques au nombre de 65 000 en Israël.

Tamas Foldi est président-directeur général de Starschema, une société spécialisée dans le Big Data et basée à Budapest. «En Hongrie, il y a une très bonne collaboration entre le secteur privé et le gouvernement», constate-t-il.

Enfin, Scott Frisch est vice-président de AARP, une association américaine qui rassemble 38 millions de membres et dont l’objectif est de défendre les intérêts des personnes de plus de 50 ans aux États-Unis. L’ONG s’intéresse au défi du vieillissement des populations.

Quelles sont leurs forces comparées à la France ?

En Lettonie : «Nous avons un management qui inclut directement les parties prenantes. L’influence du législateur doit se faire de manière directe. Il est aussi demandé de penser immédiatement « global » (…) Nous nous marketons comme la porte de l’Europe de l’Ouest».

En Hongrie : «Ce que nous avons mal fait dans le passé, nous le corrigeons. Nous avons compris que vous ne pouvez pas être en concurrence dans tous les secteurs. Nous devons trouver les sous-secteurs où nous sommes les meilleurs».

En Israël : « Nous n’avons pas besoin d’attirer les start-up. Vous ne pouvez pas copier un modèle existant, comme celui de la Silicon Valley ou d’Israël; vous devez identifier vos forces et ce qui vous connecte. Pourquoi quelqu’un créerait-il une start-up en France et pas en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis ?».

Aux États-Unis : «Notre accès au capital est une force. De même, le système éducatif avec le MIT à Boston et Harvard.»

Jusqu’où un gouvernement doit-il réguler un écosystème start-up ?

Lettonie (Marija Rucevska) : «Le gouvernement devrait seulement écouter quand il s’agit de réguler l’écosystème».

Hongrie (Tamas Foldi) : «Il doit seulement écouter les start-up et les scale up et créer un bon environnement pour générer du PIB»

Israël (Eugene Kandel) : «Il doit maintenir un équilibre sur le plan de l’accès à la connaissance et aux capitaux. Il doit maintenir le continuum de financements.»

Etats-Unis (Scott Frisch) : «Je pense au programme Mass Challenge du MIT financé par des corporates sur la base d’un partenariat public-privé. Ce programme est maintenant dans sept pays à l’étranger et crée des milliers d’emplois».

REVOIR la session Start-up, au Forum OCDE :

DÉROULÉ :

– La Tech peut-elle accélérer l’intégration des minorités (les femmes, les ultra-orthodoxes et les Arabes en Israël, les étudiants…) ? La Tech peut-elle être inclusive ? (33 minutes et 54 minutes)

– Comment stimuler l’écosystème du côté de l’offre mais aussi de la demande ? (40 min)

– Comment faciliter la collaboration entre les secteurs publics et privés ? (42 min)

– Quels sont les risques pour les Européens d’être aussi dépendants des géants américains ? (46 min)

– Le futur de nos démocraties se trouve-t-il entre les mains des multinationales ? (59 min)

– Au-delà de l’innovation, les PME ne devraient-elles pas également être stimulées ? (1.03)

– S’il faut encourager les écosystèmes locaux pour un progrès plus inclusif – par opposition aux lois de l’Etat-nation, de nouveaux règlement comme le RGPD, pour protéger les données personnelles à un niveau global, ne sont-ils pas contradictoires ? (1.16)

– Comment réformer le système éducatif ? (1.18)

 

Pour revoir la session : (vidéo).

 

 

Crédit : OCDE, 2018

L'ACTU

Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’Etat en charge du Numérique, a annoncé une série de 10 mesures pour aider les start-up françaises à se développer. Parmi elles, un guichet unique pour faire remonter les besoins des entrepreneurs, un correspondant start-up par ministère, un nouveau véhicule de financement via la BPI, un meilleur accès aux marchés publics, un assouplissement du StartUp Visa pour les étrangers...

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