La fin des partis politiques (bientôt en France)?

Guerre des courants à l’UMP, un Front National au Sénat et dans les mairies françaises… Les partis sont-ils indispensables? <-> Pas selon Jacques Lazure, auteur québécois qui prône leur disparition , et ce, dit-il, pour faire revenir la démocratie.

Abolir les partis politiques ne relève pas, tant s’en faut, de la politique-fiction. Et pourtant, on ne peut entrevoir l’abolition des partis politiques dans un avenir proche. Pourquoi ? Parce que là où des régimes gouvernementaux attisent la convoitise de partis politiques, la grande majorité des citoyens croient que ces derniers sont absolument essentiels au bon fonctionnement de l’État. Par une sorte d’inconscience torpide et de résistance irraisonnée à tout changement profond de leur système politique, ils imaginent (à tort, croyons-nous!) qu’il est tout à fait impossible à un État démocratique d’exister et de gouverner correctement en l’absence de partis politiques. Du reste, les partis politiques en cause livreraient une bataille féroce pour éviter de se faire hara-kiri. C’est donc à un long travail d’éducation civique et de conscientisation qu’il faut s’atteler pour que disparaissent les partis politiques.

Néanmoins, il impose d’admettre que dans le processus évolutif des formes de gouvernement, les partis politiques ont joué un rôle important, sinon essentiel, dans l’avènement d’une société plus démocratique. Rappelons-nous que nous venons de loin : d’un gouvernement régi par un seul potentat despote, ou d’une monarchie absolue fondée sur un droit censément divin, ou d’une forme de dictature tenant sous sa coupe l’unique parti politique existant. L’évolution s’est faite graduellement vers l’émergence, au sein d’une société, de multiples partis politiques engageant de plus en plus de citoyens dans la cause politique et dans le gouvernement d’un pays.

Simone Weil et les partis

Pourquoi alors faudrait-il stopper cette évolution vers une apparente plus grande démocratie, vers un véritable gouvernement du peuple par le peuple? La marche de l’Histoire doit-elle s’arrêter aux partis politiques? Avec les concussions de plus en plus fréquentes qui minent l’honnêteté des partis politiques, voire leur légitimité, et dont la population peut maintenant prendre note et conscience, l’intérêt pour les partis politiques commence à décroître et se traduit, dans plusieurs pays, par une absence de vote chez l’électorat.

J’ai expliqué dans mon livre* les nombreux méfaits qu’ils entraînent. Sans la connaître au moment de sa rédaction, ma pensée s’est trouvée à rejoindre celle d’une éminente philosophe française, Simone Weil (1909-1943), considérée par Albert Camus comme « le plus grand esprit de notre temps. » Au début des années 1940, Simone Weil rédigeait en effet une « Note sur la suppression générale des partis politiques ». Elle y affirmait, entre autres, que « la première fin et, en dernière analyse, l’unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite. » Encore : « Les partis sont des organismes publiquement, officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice. »

Simone Weil milita elle-même dans un parti politique français. Éprise de justice sociale, elle s’aperçut vite que tous les partis politiques, bien loin de la réaliser, ne luttaient en somme que pour leur propre pouvoir. Dans la pensée de Simone Weil, combattre pour la vérité et la justice ne peut se faire que par des esprits libres. Non assujettis à l’idéologie commune d’un parti, ils deviennent capables de la transcender, pour le triomphe des valeurs universelles: le vrai, le bien, le juste, auxquelles une société démocratique doit adhérer.

Mais est-ce que le combat pour plus de vérité et de justice, en supprimant les partis politiques, relève de la politique-fiction? Évidemment non! Soutenir le contraire, c’est prendre parti pour le triomphe de la fausseté et de l’injustice.

 

*Abolir les partis politiques (Libre Pensée).

crédit: destempsanciens Election présidentielle en France.

L'ACTU

En France, les partis politiques sont principalement financés par des fonds publics; les fonds privés étant sévèrement réglementés. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) est chargée du contrôle des finances politiques et décide des remboursements ou non des dépenses des partis.

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