#CharlieHebdo: La presse étrangère choquée comme au 11 septembre

A la suite de l'attaque meurtrière qui s'est déroulée le 7 janvier dans les locaux de l'hebdomadaire Charlie Hebdo à Paris, éditorialistes et commentateurs du monde entier donnent leur sentiment<-> Entre solidarité et amer constat sur la société française : notre sélection.

Les billets d’humeur des éditorialistes étrangers alternent entre soutien affiché à un symbole de la démocratie, et incompréhension. Parmi les plus solidaires avec le tragique événement de la rue Nicolas-Appert, les commentateurs canadiens. “Nous sommes Français. Aujourd’hui, nous le clamons haut et fort”, écrit l’homme politique québécois Gilles Duceppe dans le Journal de Montréal. Et d’ajouter : “Nous compatissons avec le peuple français. Nos dirigeants, sans partisanerie aucune, ont le devoir de réagir comme ils l’ont fait le 11 septembre 2001. Nous avons alors dit: ‘Nous sommes tous Américains’.

Sur ce même site outre-Atlantique, le sociologue Mathieu Bock-Côté dénonce un certain angélisme des dirigeants à considérer les terroristes comme “des individus radicalisés”. “D’un attentat à l’autre, c’est une société violente et en pleine implosion qui se révèle”, écrit l’un des porte-paroles du nationalisme québécois.

“Pourquoi est-ce arrivé? Que veulent ceux qui ont perpétré cet acte? Quelle réaction ont-ils recherchée?” se demande, incrédule, le journaliste britannique du Guardian. “Ils cherchent à réduire l’Etat français à la paranoia”, avance-t-il. Il établit lui aussi une comparaison avec la réaction de l’Amérique lors des attaques du 11 septembre et de la traque d’Oussama Ben Laden. Au final, “les terroristes veulent une une même réaction hystérique en France qui donnera un nouveau tour de vis à l’Etat surveillance”.  Et d’ajouter que si le terrorisme ne peut pas renverser des gouvernements, “il tue, détruit et impose des coûts.”

Le modèle de diversité en échec

Du côté du New Yorker, un média américain dont l’art de la satire et de la provocation ressemble parfois à celui de Charlie Hebdo, on salue le “courage” des journalistes français et des”artistes” de la publication. “Ils ont cru et vivaient selon leurs valeurs, à un point qu’aucun d’entre nous n’aura eu à le faire”, estime Amy Davidson. Elle salue l’opiniâtreté des salariés du journal, qui, rappelle-t-elle, n’ont jamais cédé aux pressions, qu’elles viennent de l’Etat français qui lui demandait d’alléger leurs coups de crayon, ou d’une attaque comme celle du 7 janvier.  Et de conclure par ce constat cinglant : “Cela sera souligné dans les jours prochains, la France a profondément échoué à donner un sens à sa propre diversité.”

Un modèle de diversité qui révèle ses failles, mais aussi une bombe à retardement qui était attendue et prévisible. C’est ce que suggère la journaliste allemande de die Zeit qui rappelle que notre pays est constamment sous la surveillance des patrouilles, dans ses gares et dans les lieux publics. “La France possède les plus grandes communautés juives et musulmanes d’Europe de l’Ouest”, explique-t-elle tout en rappelant le choc des violentes manifestations l’été dernier contre la politique d’Israël à Gaza. “L’affaire Merah” avait également déjà préparé le terrain, selon cette observatrice d’outre-Rhin.

crédit : Franck Mée, Hommage

 

L'ACTU

La France a subit sur son sol l'une des attaques les plus meurtrières en 50 ans. 12 personnes ont été tuées, principalement des journalistes et deux policiers.

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2 commentaires

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