[Face-à-face] Fonds pour la Blockchain en France: 0

En France, aucun fonds ou aides spécifiques ne sont prévus pour encourager l'essor de la technologie Blockchain. <> D'autres pays commencent, eux, à prendre des mesures pour libérer un secteur naissant. Tour d'horizon.

La France veut accélérer dans les technologies d’avenir. Annoncé à l’hiver dernier et doté de 10 milliards d’euros, un Fonds pour l’Innovation et l’Industrie (FII) doit permettre aux “start-up” et acteurs de “la deep tech” d’innover dans les technologies dites “de rupture”. Mais tandis que la France dispose déjà de nombreux leviers publiques pour financer l’innovation (CII, CIR, BPIfrance…), le gouvernement a décidé d’encadré l’allocation des fonds au travers de la création d’un nouveau «Conseil de l’innovation». Présenté par quatre ministres, il doit veiller à «la cohérence générale des politiques publiques d’innovation et à l’emploi des moyens du Fonds pour l’Industrie et l’Innovation». Il s’inscrit aussi dans la continuité du rapport Villani qui préconise de porter les efforts de l’Etat sur l’Intelligence Artificielle.

«Chaque année, environ 160 millions d’euros du Fonds pour l’innovation et l’industrie seront consacrés au financement de grands défis sociétaux dans plusieurs domaines considérés comme stratégiques et nécessitant le levée de barrières technologiques», précise Bercy. Des dirigeants d’entreprise viennent apporter leur expertise au Conseil : Eric Carreel (Withings), Isabelle de Crémoux (présidente du directoire de Seventure partners), Jean-Michel Dalle (DG d’Agoranov), Marie Meynadier, (chercheuse – DG d’EOS Imaging), Benoît Potier (PDG d’Air Liquide) et Isabelle Ryl (déléguée aux transferts et aux partenariats industriels de l’INRIA). On sait déjà qu’ils superviseront les 70 millions annuels prévus pour le financement de la deep tech (celles relevant les grands défis de type cancer, changement climatique, infrastructures…)

Mais pour l’heure, aucune impulsion n’est donnée en direction d’une technologie qui s’annonce pourtant pour beaucoup comme la «quatrième révolution industrielle». Aucune mesure ne concerne la Blockchain, cette technologie décentralisée accessible à tous, et capable de sécuriser et d’accélérer les échanges dans la quasi totalité des secteurs économiques. Une absence relevée par Laure de la Raudière, député d’Eure-et-Loir et actuellement co-rapporteur d’une mission parlementaire sur la Blockchain. Elle «regrette qu’aucune décision n’ait été prise pour développer les recherches sur l’efficacité et les usages de la technologie blockchain ». L’institut France Stratégie rattaché à Matignon, qui vient de rendre un rapport sur le sujet, encourage principalement le gouvernement à prendre des décisions sur la réglementation.

Globaliz propose un «face-à-face» éco, avec les mesures prises dans certains pays précurseurs en matière de blockchain.

CORÉE-DU-SUD – Après des mesures dissuasives suscitant la levée de bouclée du secteur, la Corée du Sud est en train de changer radicalement sa politique en matière de blockchain et des nouvelles formes d’échanges qui en découlent (ICO, plateforme d’échanges). La Corée avait d’abord de taxer à 24,2% sur les gains des crypto-actifs, comme le rappelle CoinTelegraph. Il se montre aujourd’hui particulièrement volontaire en proposant à la fois une réduction des taxes pour les entreprises et des investissements. Un abaissement des seuils pour la défiscalisation pour les entreprises justifiant la R&D et un investissement de 9 millions de dollars dans des projets pilotes de la blockchain pour le service public ont été notamment annoncés. Binance, la plus grande plateforme de crypto monnaies en volument de transaction serait sur le point d’annoncer l’ouverture d’une filiale (Journal Du Coin/Business Korea).

CHINE – En Chine, ce sont les mégalopoles qui prennent les initiatives en matière de blockchain. Après Shenzhen et Hangzhou qui ont récemment annoncé un investissement de respectivement 1,6 milliard et 80 millions de dollars, c’est au tour de Nanjing d’annoncer la création d’un fonds public-privé de 1,4 milliard de dollars dédié à la blockchain. Le gouvernement local va contribuer à hauteur de 30%, contre 70% pour les privés, relate CoinDesk.

SINGAPOUR – CrimSonLogic, un service développé et détenu à 55% par IE Singapore, une agence d’Etat, va lancer une plateforme de gestion des échanges cross-border, grâce à la blockchain, selon CoinDesk. L’objectif est de réunir tous les acteurs de l’activité portuaire et de garantir une meilleure traçabilité et transparente des marchandises en transit.

INDE – Tandis qu’une nouvelle régulation sur les crypto-monnaies (opérant grâce à la blockchain) est attendue à la rentrée, le gouvernement indien cherche néanmoins à intégrer la technologies à ses services. D’ici 2019, le gouvernement pourrait s’appuyer sur la blockchain pour assurer une couverture santé aux familles les plus pauvres. Les avantages relevés sont le taux important de foyers non bancarisés (19%) et la facilité à offrir une identité numérique à tous les citoyens. (Businesswire)

AUSTRALIE – Le gouvernement australien a signé début juillet un contrat de 750 millions de dollars avec le géant IBM pour le développement de solutions blockchain et optimiser ses coûts de fonctionnement, rapporte TheNextWeb.

RUSSIE – Trois universités d’Etat vont intégrer des cours sur la blockchain et les cryptomonnaies, a relevé le site Cryptonaute qui cite également trois facultés espagnoles comme précurseurs. En France, le pôle universitaire ESILV (Léonard de Vinci) a communiqué sur un partenariat pour la certification des diplômes de ses étudiants sur la blockchain avec quelques groupes de travail qui lui sont dédiés.

 

 

Photo by Marc-Olivier Jodoin on Unsplash

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