LaREM, Iran, blé au Maroc : un autre regard

COMPRENDRE - Quels sont les sujets dont on aurait pu parler en France dans les médias ou qui font sourire à l'étranger ? Revue de presse -piquante- par un auteur belge qui note ces actualités ou omissions, non sans une note d'humour.

Globaliz met un coup de projecteur sur les sujets dont on parle peu en France ou sur lesquels il y a matière à débattre sur les plans politique et économique. Revue de presse (semaine du 15 octobre) réalisée par William Lochner, ancien journaliste et auteur belge installé en France. 

 

En attendant les successeurs des prédécesseurs…

Et si le parti politique français LREM n’était qu’une machine politique basée sur un système mercantile ou marketing ? Un truc qui s’appelle le « bundle » s’interroge le quotidien belge La Libre Belgique, c’est-à-dire une offre promotionnelle où un ensemble de produits complémentaires vendus ensemble par lot dans le but d’attirer les clients. « J’achète du Macron, mais j’ai aussi du Hulot. » Faites du neuf avec de l’ancien, diversifiez le tout, et vous obtenez un bundle. Humour belge.

De son côté, L’Expression, un quotidien algérien, retrace et analyse la fulgurante progression d’Emmanuel Macron. Petit rafraichissement pour la mémoire.

La popularité d’Emmanuel Macron a dégringolé de 12 points durant l’été, alors que celle de Nicolas Hulot s’envole (+13 points) après son départ du gouvernement, selon un sondage Odoxa réalisé entre les 5 et 6 septembre 2018, auprès de 1.004 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Sept Français sur dix (71%, +12) ont désormais une opinion négative du chef de l’Etat, qui bat son record d’impopularité dans ce baromètre avec 29% seulement des personnes interrogées qui le considèrent comme un “bon président”.

 

Paris-Téhéran, il y a de la rumba dans l’air

La tension monte entre l’Occident et l’Iran. Chacun vire au rouge écarlate. Dans ce monde de brutes où chacun veut avoir le plus gros bouton, Téhéran montre ses muscles et déploie ses missiles balistiques. Deux articles fouillés pour comprendre la situation des forces françaises et la position du Quai d’Orsay face aux nouvelles menaces.

Pour comprendre l’historique des tensions entre les deux pays, voici l’excellent article de Mahnaz Shirali paru dans Middle East eye.net (journal indépendant en ligne basé à Londres) qui reprend les grandes lignes de l’histoire politique entre la France et l’Iran, de la chute du chah à la sortie des Américains de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, en passant par les vaines tentatives de la diplomatie française pour sauver cette accord et résister aux sanctions économiques imposées par Trump.

« La France n’a jamais voulu accorder la moindre reconnaissance aux contestations légitimes des Iraniens qui, depuis janvier dernier et dans plus de cent villes du pays, se sont pacifiquement opposés à la politique destructrice des ayatollahs .»

Cette tension est palpable, puisque Téhéran déploie ses missiles balistiques au grand dam des pays occidentaux dont la France.

L’auteur de l’article est Mahnaz Shirali, une sociologue et politologue, spécialiste de l’Iran. Elle est directrice d’études à l’Institut de science et de théologie des religions de Paris (ISTR-ICP). Elle enseigne également à Sciences Po Paris. Elle est l’auteur de plusieurs livres sur l’Iran et l’islam, notamment : La malédiction du religieux, la défaite de la pensée démocratique en Iran (2012).

Fondé en février 2014, Middle East Eye est un site d’information indépendant. Grâce à un large réseau de correspondants, il couvre 24 pays et aborde des sujets politiques, économiques et sociaux.

De même, dans l’Orient le Jour, le quotidien libanais redonne, lui, la position diplomatique de la France sur cette menace iranienne.

« … la ministre française des Armées, Florence Parly, a affirmé qu’au même titre que le président américain Donald Trump, « nous (la France) considérons que l’activité balistique de l’Iran est une menace. Comme le président Trump, nous considérons que l’influence de l’Iran dans l’ensemble de la région est un sujet de préoccupation majeure. (…) Ces sujets-là doivent faire l’objet d’une discussion avec l’Iran, cela doit pouvoir se faire sans remettre en question le respect par l’Iran du traité et de l’accord de Vienne », a ajouté la ministre aux côtés du secrétaire américain à la Défense James Mattis. »

L’Iran développe aujourd’hui une douzaine de types de missiles balistiques d’une portée de 200 à 2 000 km et pouvant emporter des charges de 450 à 1 200 kg.

 

Un réfugié, un abattement fiscal

C’est dans le Vif, hebdomadaire belge, que l’on lit aussi que Aurélien Taché (LaREM) a suggéré un crédit d’impôt un peu particulier. « Je vais proposer dans le projet de loi de finances un crédit d’impôt pour les Français qui acceptent d’héberger des réfugiés. Je pense que l’affaire de l’accueil et de l’intégration, c’est l’affaire de toute la société », a déclaré sur France Inter M. Taché, qui avait déjà avancé cette proposition en début d’année dans son ambitieux rapport au gouvernement sur l’intégration.

C’est une curieuse façon de considérer le problème de l’immigration : « Vous me remplacerez les fenêtres et je prends aussi deux immigrés ! » Ca ne fait rire personne en France ?

 

C’est pas moi, c’est lui !

C’est dans Le Quotidien luxembourgeois qu’on (re)découvre, qu’au pays de la Gitane, le ministère de la Transition écologique et solidaire déplore des engagements chiffrés de la part des cigarettiers pour lutter contre la pollution des mégots de cigarettes. « Seuls les fumeurs et leur incivilités sont pointés du doigt », regrette le gouvernement français.

Par an, rien qu’à Paris, 350 tonnes de filtres sont ainsi ramassées. Dans la nature, un mégot mettant entre 3 à 5 ans pour se dégrader, on pourrait proposer aux cigarettiers d’en revenir à la cigarette sans filtre et même, carrément, de supprimer les clopes.

Pollution des mégots : les industriels sommés de prendre des engagements

 

Maroc: les producteurs français font leur blé

A partir du 1er novembre, c’est la règle du “zéro droit de douane sur le blé”, toutes origines confondue, qui sera appliquée dans le royaume marocain. Meunier ne t’endort pas ! Tu peux faire commerce avec l’ancien protectorat comme d’autres grands groupes. D’ailleurs, la France semble bien tirer son épingle du jeu face à la concurrence russe et ukrainienne, explique le quotidien marocain L’Economiste. 

« Avec le Maroc, nous sommes plus dans un esprit de complémentarité. Après une bonne récolte céréalière (103 millions de quintaux), le Royaume va devoir avoir recours aux importations. Les producteur Français sont prêts à combler ce manque et accompagner les producteur marocains dans le cadre de notre coopération technique » souligne Philippe Heusele, président de France Export Céréales.

La France est le 5e producteur mondial de blé et le 2e producteur mondial d’orge. C’est aussi le premier producteur de céréales de l’Union européenne, avec une production moyenne annuelle d’environ 70 millions de tonnes. La France est aussi le 3e exportateur mondial de blé meunier.

 

par William Lochner.

 

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Photo by Karina Vorozheeva on Unsplash

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