Rafale, Auchan, Charlie…: un autre regard

COMPRENDRE - Quels sont les sujets dont on aurait pu parler en France dans les médias ou qui font sourire à l'étranger ? Revue de presse par un auteur belge qui note ces actualités ou omissions, non sans une note d'humour.

Quels sont les sujets d’actualité français qui ont été repris à l’étranger et qui sont passés sur le grill de l’auteur William Lochner ? Revue de presse 100% belge (du début novembre) où il est intéressant d’apporter une source de l’étranger.

 

Dernière ligne droite avant la grande secousse

C’est pas tout ça, mais il y a des jours où l’on se demande quand ça va finir.
 Ainsi donc, M. Sarkozy est renvoyé devant le Tribunal correctionnel pour « financement illégal » de sa campagne aux élections présidentielle de 2012. Douze autres prévenus comparaîtront avec lui, tous impliqués dans l’affaire Bygmailion. Ne lui restant, désormais que la Cour de cassation, c’est auprès de cette haute juridiction que Nicolas Sarkosy devra plaider sa cause. Afin d’éviter son procès confirmé par la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris. Le quotidien suisse, le Temps, révèle aussi les dissensions entre les juges Van Ruymbeke et Tournaire sur le traitement de cette affaire, le premier estimant que les faits reprochés à Nicolas Sarkozy ne sont pas concluants. Si le procès devait avoir lieu, Nicolas Sarkozy serait le deuxième président à comparaître devant les juges après Jacques Chirac. condamné à deux ans de prison avec sursis en 2011 pour «détournement de fonds publics» et «abus de confiance» dans l’affaire des emplois présumés fictifs de la ville de Paris.. Nicolas Sarkozy est aussi cité dans 8 autres affaires dont celle d’un possible financement occulte libyen pour sa campagne électorale de 2007.

Nos confrères suisses, relève aussi les enjeux politiques au sein de la droite française et ses conséquences avec l’affaire Bygmalion. Ainsi l’ancien dirigeant de la société Bygmalion, Jérôme Lavrilleux, quelques jours après son élections au Parlement européen avait déclaré en 2015.

«Il y a eu un engrenage irrésistible d’un train qui file à grande vitesse, et les personnes qui auraient dû tirer le signal d’alarme ne l’ont pas fait, avait-il alors déclaré. Je suis sans doute l’une de ces personnes, mais je ne suis pas le seul dans le wagon.»

Le sentiment dégagé par cette affaire sans fin, est que tout cela est touffu. Nous sommes loin de la finesse et de la rectitude horlogère suisse. On dit, en coulisse, que Nicolas Sarkozy, reçu par Emmanuel Macron et Edouard Philippe, pourrait briguer la mairie de Paris en 2020…

 

«Auchan dégage»

Le groupe Auchan est la cible, depuis plusieurs mois, d’une contestation au Sénégal. La grogne s’est amplifiée fin juin avec la création d’un collectif intitulé “Auchan dégage”, puis un appel au boycott depuis le 2 juillet. Contrairement à la situation de Danone au Maroc, où l’impulsion du mouvement venait des consommateurs, là le groupe français est visé par les petits commerçants qui l’accusent de détruire leur activité.

Depuis plusieurs semaines, les Sénégalais assistent à un combat de lutte, leur sport national, d’un genre particulier. Le groupe nordiste, qui a ouvert une vingtaine de magasins dans le pays depuis son arrivée en 2014, est confronté à la classe commerçante. Le 1er octobre, les marchands du marché Castor, à Dakar, ont baissé leur rideau en début d’après-midi, en signe de protestation contre la stratégie d’expansion de l’entreprise française de grande distribution. Quinze jours plus tard, la manifestation du collectif « Auchan dégage » a réuni plus de 10 000 personnes à Dakar, selon l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (UNACOIS JAPPO), à l’origine du mouvement.

Le 9 décembre dernier, le directeur général d’Auchan retail Sénégal, Laurent Leclerc annonçait ses ambitions :  «pour ce qui est des quatre années à venir, nous envisageons d’atteindre 50 magasins à Dakar et dans les régions».

Au Sénégal, Auchan exploite désormais une vingtaine de points de vente et a mis en place un plan d’investissement de 65 milliards de francs CFA (près de 100 millions d’euros). A lire dans la presse sénégalaise.

 

Comment la France a raté la vente du Rafale à la Belgique

C’est une histoire belgo-franco-européenne. Où comment la cohésion européenne de son marché intérieur peut passer totalement au second plan.

Emmanuel Macron « regrette » la décision du gouvernement belge d’acheter des avions de chasse F-35 américains « plutôt qu’une offre européenne », une décision qui « stratégiquement va a contrario des intérêts européens », a-t-il déclaré vendredi 26 octobre octobre devant la presse à Bratislava. La veille, le gouvernement belge a annoncé avoir choisi le F-35 américain pour remplacer sa flotte vieillissante d’avions de chasse F-16, au détriment notamment du Rafale français.

D’aucun diront que c’est la faute au groupe Dassault qui n’a pas répondu à l’appel d’offre de l’Etat Belge. Mais pas seulement…

Il y a une véritable incohérence au sein même de l’Etat Belge avec une partie francophone favorable à la France et une droite dure flamande pro américaine. Et c’est donc l’industrie européenne qui trinque sur un marché de plusieurs milliards d’euros.

Cependant, pour l’hebdomadaire, Le Vif, l’Express, l’achat du F35 américain n’est pas le meilleur choix qui s’offrait à l’armée de l’air. Sans parler des grandes difficultés démocratiques que traverse ce petit royaume et des imbroglios politiques qui ont fortement pesés sur le choix de l’avion américain, la France ne s’est pas sentie aimée…

« Comme l’a déclaré le président français, la décision du gouvernement belge va stratégiquement a contrario des intérêts européens. Une chose est sûre : si, à court terme, les Wallons se retrouvent “assez bêtement belges tout seuls”, pour reprendre l’expression de François Perin, ils réaliseront très vite leur cauchemar. Alors, ils se souviendront des propos du général de Gaulle : Les Wallons retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines. »

Comme lot de consolation, la France fournira 442 blindés. Cet accord, qui avait fait l’objet d’une « lettre d’intention » en vue d’un « partenariat stratégique » signée en juin 2017, porte sur la vente de 382 véhicules blindés légers multirôle de type Griffon et de 60 blindés de reconnaissance et de combat de type Jaguar.
Pour 1,5 milliards d’euros, l’honneur est sauf.

Le système d’armes du Rafale repose sur une architecture suffisamment ouverte pour pouvoir être adapté à la plupart des armements actuels et à venir. (Voir le site Dassault armement)

 

Il était une fois un petit bateau…

Toujours dans l’univers passionnant de l’armement, c’est un article paru dans le quotidien « les Nouvelles Calédoniennes ». La ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé le lancement du programme de futur porte-avions qui devrait succéder au Charles-de-Gaulle. Le montant du projet sera de 40 millions d’euros et servira à déterminer le type de porte-avions dont souhaite se doter la France.

« Cette étape numéro un, lancée aujourd’hui, c’est la phase d’étude », a-t-elle précisé le 23 octobre. Il s’agit de déterminer « ce que nous voulons et comment nous le voulons ». Mme Parly a également annoncé la commande de pétroliers ravitailleurs de la marine nationale (FLOTLOG).

Le navire amiral devrait être désarmé en 2040. On y apprend aussi que le futur porte avions devra être capable d’accueillir l’avion de combat du futur « le Scaf » lancé en coopération avec l’Allemagne en 2017.

Mais on y apprend surtout une information capitale. Nous autres, Parisiens, captifs de la centralisation à tous crins, ignorions totalement l’existence de site Internet en .nc , pour Nouvelle-Calédonie ! A vrai dire je ne l’ignorais pas, mais ma relectrice et quelques amis métropolitains ici, oui. Comment cela est-il possible ? Avec quel élixir d’hubris nombriliste êtes-vous donc nourris dans l’Hexagone ? Peut-être réagirions-nous à l’identique, si nous les Belges avions aussi quelques « confettis de l’Empire colonial» à l’Outre-mer, toisés de loin par une superbe République consolatrice et fière d’elle-même (selon une citation dont on a perdu trace de l’auteur). Bonne navigation en .nc tout de même chers Français du centre ! Et on vous le rappelle, d’humbles citoyens ont décidé de rester dans votre communauté nationale en votant “Non” à l’indépendance à la majorité !

Pour en savoir plus sur ce futur avion de combat, c’est ici.

 

L’Europe n’est plus Charlie

Cependant que le monde est de plus en plus sous tension, que l’Europe peine a se trouver solidaire entre ses Etats membres, voici que Le Devoir, quotidien canadien nous rappel que nous ne sommes plus solidaire de Charlie et que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), fait passer la liberté d’expression au second plan en confirmant la validité d’une condamnation pour dénigrement de doctrines religieuses. De quoi s’agit-il ?

« À l’automne 2009, dans le cadre de séminaires portant sur l’islam, l’accusée (dont on a protégé l’anonymat tout au long des procédures) évoqua le mariage entre le prophète Mahomet et la jeune Aïcha, alors âgée de six ans, et le fait que ledit mariage aurait été consommé lorsque celle-ci avait neuf ans. Dans ce contexte, elle déclara entre autres que Mahomet « aimait le faire avec des enfants » et s’interrogea en ces termes : « un homme de cinquante-six ans avec une fille de six ans […] De quoi s’agit-il, si ce n’est de pédophilie ? »

Plainte fut déposée auprès d’un tribunal de Vienne. Condamnation pour dénigrement de doctrine religieuse qui fut confirmée par les tribunaux autrichiens. L’affaire se retrouva devant le Cours européennes des droits de l’homme qui vient d’invalider l’héritage du siècle des Lumières, à savoir, le droit d’user de l’esprit critique.

Le communiqué de presse de la Cour européenne des droits de l’homme se trouve ici.

 

par William Lochner.

 

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Photo by Cédric Dhaenens on Unsplash

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