Ce rapport du WEF qui propose la Blockchain pour sauver la planète

S'INSPIRER - Un rapport publié en septembre par le World Economic Forum, auquel Emmanuel Macron s'est rendu en janvier dernier, encourage l'expérimentation de cette technologie pour résoudre la transition énergétique. <> En France, face aux Gilets Jaunes, le gouvernement a maintenu la hausse de la taxe carbone au 1er janvier.

Et si la réponse à la hausse des prélèvements pour financer la transition écologique et à la crise des Gilets Jaunes qui s’en est suivie était la Blockchain ? Dix mois après qu’Emmanuel Macron se soit rendu au World Economic Forum (WEF) de Davos en janvier, un rapport émanant de l’organisation internationale propose de résoudre le défi climatique, non pas par la hausse des taxes, mais grâce à la Blockchain. La “chaine de blocs” est cette technologie sur laquelle repose notamment la crypto-monnaie bitcoin et qui supprime la chaîne d’intermédiaires, de législateurs ou de décideurs pour n’importe quel échange ou transactions décidées par un individu. Enregistrée dans un grand registre décentralisé et accessible à tous, lorsqu’elle est publique, elle crypte les transactions pour les rendre transparentes et entièrement sécurisées, autrement dit, de manière plus horizontale, voire démocratique. Or, selon des experts du cabinet PwC et du Stanford Institute mandatés par le WEF, la solution s’appliquerait aussi aux enjeux environnementaux, défendus par la France au plus haut de l’Etat. Dans un rapport publié en septembre 2018, les auteurs montrent ainsi le potentiel de la Blockchain en matière de gouvernance et de transition énergétique, dans la perspective de ce qu’ils nomment comme étant «la 4e révolution industrielle», après la révolution de l’Internet.

A date, les auteurs ont par exemple identifié 65 «usages émergents de la blockchain» capables d’effectuer la “transition écologique et énergétique” tant attendue. Parmi eux, des systèmes décentralisés moins dépensiers, du trading de ressources sans intermédiaires et plus transparents, des circuits d’acheminement de la supply chain plus courts, de nouveaux modèles de financements plus humains… En résumé, la Blockchain permettrait d’optimiser la consommation d’énergie actuelle et de réallouer plus intelligemment les ressources, d’après le rapport. Rendue populaire il y a quelques années avec l’émergence du pee-to-peer, “l’économie circulaire” ferait ainsi son grand retour mais cette fois-ci de manière bien plus efficace et surtout traçable grâce aux grands registres de comptes de la chaîne de blocs, note PwC.

Un marché décentralisé du carbone

Pour les émissions carbone, au coeur des nombreux traités internationaux (COP21, Accords de Paris, Global Climate Action Summit, etc.), la Blockchain y apporterait une réponse économique. Pour résumer, les auteurs montrent que chacune des émissions de CO2 d’un acteur économique peut devenir un “token”, soit un jeton monétisable, que les émetteurs devront acheter sur un grand marché ouvert pour être utilisé, ou le revendre et ainsi être récompensés pour leur bonne gestion. Sur marché du carbone décentralisé, les émetteurs seraient dès lors encouragés à des comportements nouveaux et financièrement plus intéressants, notamment grâce au principe “d’interopabilité” qui permet à des blockchain auto-gérées de communiquer entre elles et d’actionner des actions vertueuses. En définitive, le rapport donne une vision pour sortir de la dépendance au système actuel et centralisé des producteurs du pétrole.

«Si elle est maitrisée correctement, la Blockchain a un potentiel significatif pour permettre des solutions décentralisées capables de préserver les ressources, utiliser le capital naturel et donner plus de pouvoirs aux communautés,» écrit PwC.

Au-delà du «Tech for Good»

Du coup, ce sont tous les enjeux environnementaux actuels qui sont étudiés à l’aune de la solution blockchain : réduction de la biodiversité, changement climatique, catastrophes naturelles, détérioration des océans, pollution de l’air et risque d’épuisement de l’eau. «Beaucoup de ces opportunités vont bien au-delà des considérations du ‘Tech for good’ (un label soutenu par le gouvernement en France et une partie des GAFAM ndlr) et sont connectées à l’économie au niveau global, industrielle et aux systèmes humains», affirment les auteurs. Ils font néanmoins un autre constat : «Sur les 412 projets blockchain qui ont levé 3,3 milliards de dollars en 2018 en ICO (Initial Coin Offering, sous la forme de jetons investis), moins de 1% ont concerné les secteurs de l’énergie et des ressources.»

Ces réorganisations nécessitent toutefois une importante prise de conscience généralisée. « Cette transformation ne va pas se réaliser automatiquement. Elle nécessiterait «une collaboration proactive parmi les politiques, les scientifiques, la société civile, les champions des nouvelles technologies et les investisseurs», préviennent les auteurs du WEF partenaires du cabinet PwC.

Une fois l’approche expérimentale implémentée chez tous les acteurs économiques et politiques, des solutions pour rendre les océans plus sains ou pour le changement climatique pourraient ainsi voir le jour, comme veulent l’illustrer les auteurs.

Enfin, le rapport ne manque pas de citer les défis auxquels est confrontée la Blockchain elle-même, comme notamment sa consommation en énergie à l’heure actuelle pour qu’elle fonctionne. Le grand registre décentralisé est rendu possible aujourd’hui par l’activité du minage des ordinateurs de particuliers et d’entreprises qui certifient et valident les transactions à l’aide d’une “preuve de travail”. Résultat, elle reste aujourd’hui comparable aux premières locomotives à charbon cherchant les moyens d’accélérer, tout en consommant moins d’énergies.

Le rapport est issu d’une série de publications du WEF dans le cadre de l’initiative «Shaping the Future of Environment and Natural Resource Security». Ce chapitre est intitulé «Building Block(chain)s for a Better Planet», réalisé avec le cabinet PwC – qui se positionne sur le marché du conseil aux entreprises pour implanter des solutions blockchain – et l’Université de Stanford (Stanford Woods Insitute for Environment).

 

 

 

Crédit : @jdussueil

L'ACTU

Comme l'a annoncé Emmanuel Macron, l'exécutif veut mettre en place un mécanisme qui atténue les effets de la taxe lors que le prix du pétrole flambe. Le Premier ministre a précisé son fonctionnement: "Il y a une trajectoire d'augmentation de la taxe [carbone] qui est prévue au 1er janvier de chaque année, nous maintenons cet objectif", a-t-il rappelé. "Mais dans le courant de l'année, chaque trimestre, on verra l'évolution du prix [du pétrole] et [s'il] est trop élevé, alors dans ce cas-là on pourra revenir au niveau initial qui prévalait au 1er janvier de l'année." (BFMTV.com)

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